Affichage des articles dont le libellé est Ecole. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ecole. Afficher tous les articles

vendredi 15 juin 2018

In his eyes

L'auteur dans Zilker Park à  Austin, TX.


This is a text in english that my son wrote this past year at school. I think he is a good story teller with a great sense of humor. 
Pat Conroy was one of my favorite authors then and still is, after his passing in 2016.



A few years back, in 2014, when me and my family still lived in the US, and when we still did huge road trips around the multiple states of the enormous country, we came to a town called Beaufort. It was located on the swampy coast of South Carolina, and was not very big (that’s an understatement as the town only had a main street with three rickety houses) yet it had some beautiful suburban houses, built in the old Creole plantation style. The neighborhood was very nice to drive through (drive, because who would have walked in that humid yet boiling atmosphere, with the bitter sweet scent of pollen from all the great magnolia trees harassing the nostrils, and the possibility of a surprise attack by the swamp’s inhabitants, ranging from alligators and crocodiles to snakes and fearsome raccoons!).

Yet we had a reason for braving the dangers of the wild South Carolina. My mom had learned that a famous author, Pat Conroy, lived in the area surrounding Beaufort. This and the awesome restaurant that served the « best shrimp and grits on the east coast ».
We set off trying to find Pat’s house, which we all thought would be so majestic we would not miss it. 
We were mistaken. The author, probably in fear of paparazzi assaulting his private life, had camouflaged his house among the others. An hour later, we had searched through the entirety of the neighborhood. Twice. At that point we were tired, and if they had not already, the good people of Beaufort were probably asking themselves whether to call the cops on the odd grey « soccer mom van » driving in the eerily empty street. Tired and hungry, we decided to go to the visitor center in the historic part of town to gather information of the whereabouts of the house.

The historic district was bigger than the main street, since it had four grand buildings. We entered the cool and dry visitor center and just stood in the doorway, enjoying the wonders of climatization. My mom was the first to come out of that trance and went to ask the woman working in the gift shop a bit of information of the town, and the not too subtly asking for where good ol’ Pat might happen to live, so we could totally not drive up to his house and take a bunch of pictures and not ask for his autograph. The woman, who had probably been paid off by Pat, said nothing of where he was, but gave us a book he had hand-signed. 
After this short and unfruitful encounter, we went back to the car. Again, we had a bad surprise. In the three minutes we had parked in front of the visitor center, we had gotten ticket from the local (and probably only) policeman. But I guess my parents were too tired to argue and we left and paid the ticket later.

After this not so great encounter with bad luck, we were too tired for anymore adventure and went back to our hotel room. So people can say what they want about this story, but at least we tried our best to meet the renowned author.





Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, voici ma traduction qui malheureusement pour vous ne reflète que pauvrement la truculence du texte original.


Quelques années en arrière, en 2014, quand j’habitais toujours aux US avec ma famille et que nous faisions encore des énormes road trips traversant les multiples états de cet immense pays, nous sommes allés dans une ville nommée Beaufort. Elle se trouvait sur les rives de la marécageuse Caroline du Sud et ça n’était pas bien grand (c’est un euphémisme vu que la ville n’était composée que d’une rue principale et de trois maisons bancales) mais on y trouvait quelques belles maisons, construite dans le style « vieille plantation créole ». Le quartier était très sympa à traverser (en voiture, parce que QUI aurait marché dans cette atmosphère humide mais brûlante, saturée du parfum doux amer de tous ces grands magnolias qui nous assaillait les narines, et la possibilité d’une attaque surprise par un des habitants du marais, alligators, crocodiles, serpents ou encore de redoutables ratons-laveurs!).

Cependant nous avions une bonne raison pour braver les dangers de la sauvage Caroline du Sud. Ma mère avait entendu dire que le célèbre auteur Pat Conroy, vivait dans un quartier de Beaufort. Ça et le sensationnel restaurant qui servait les meilleures « shrimp and grits » de la côte Est. 
On se mit en route à la recherche de la maison de Pat, que nous imaginions tous si majestueuse, que nous ne pourrions pas la rater. On avait tort. L’auteur, probablement par peur des paparazzis, avait rendu sa maison invisible parmi les autres. Une heure plus tard, nous avions inspecté tout le voisinage. Deux fois. A ce stade, nous étions crevés, et si les honnêtes citoyens de Beaufort ne l’avaient pas encore fait, ils devaient hésiter à appeler la police au sujet d’un étrange van gris de « mère de famille nombreuse » passant dans les rues étrangement vides.

Fatigués et affamés, on décidait de se rendre à l’office de tourisme du centre historique, pour rassembler des informations sur la maison. Le quartier historique était plus imposant que la rue principale vu qu’il était composé de quatre bâtiments. 
On est donc entré dans l’air frais et sec du « visitor center », profitant de cette merveille qu’est la climatisation dès le pas de porte. Ma mère fut la première à sortir de cette transe pour demander des renseignements à la vendeuse de la boutique de souvenirs, demandant de façon peu subtile où pouvait bien vivre ce bon vieux Pat. Dans l’optique de ne pas se rendre chez lui pour y prendre des photos ni bien sûr de lui demander une dédicace. La dame, qui avait probablement été payée par Pat, ne révéla rien mais nous vendit un livre dédicacé de la main de l’auteur. 

Après cette rencontre courte et infructueuse, nous retournâmes à la voiture. Une autre mauvaise nouvelle nous y attendait. Dans les trois minutes où nous étions restés garés devant le « visitor center », nous avions reçu un PV du seul et probablement unique policier du bled. Je suppose que mes parents étaient trop fatigués pour discuter, on reprit donc la route et ils payèrent plus tard.

Après cette rencontre plutôt mesurée avec la chance, on repartit pour l’hôtel, trop crevés pour chercher d’autres aventures. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent mais au moins on a fait de notre mieux pour rencontrer Pat Conroy.







jeudi 19 octobre 2017

The Son





Je suis toujours ravie d’avoir des commentaires sur mes articles. Je trouve ça super gratifiant quand je constate que la personne qui a commenté n’est pas ma mère, j’ai l’impression de recevoir le Pulitzer.
C’est en lisant un commentaire concernant mes enfants dernièrement que j’ai repensé à la responsabilité qui pèse sur les épaules des parents en expatriation. 
Lorsque nous avons quitté la France, notre fils de 10 ans n’était pas motivé du tout et partait clairement à reculons. Il n’avait pas envie de quitter sa famille, ses copains, son école et le parc où il passait ses mercredis depuis ses 2 ans. 
Il s’est adapté malgré tout, d’abord parce qu’il est un enfant facile et gentil et aussi parce que les professeurs de sa nouvelle école étaient affectueux, compétents et compréhensifs. 
Sa prof de sciences a tout de suite conquis son coeur en lui montrant une bestiole morte, bouffée par les vers près de l’école, suivi d’un serpent à la piqûre mortelle lors d’un sortie scolaire. Ils étaient sur la même longueur d’ondes. 
La prof d’anglais nous a assuré que notre ainé était épatant tous les jours pendant six mois; la prof de maths quant à elle, associait pédagogie et jeux avec succès, bref, la vie était belle. 
Question amitié, notre fils a dès la rentrée été accueilli par un garçon jovial et joufflu qui lui parlait avec les mains, et dont l’oncle travaillait à l’entretien de l’école. Alors que l’année avançait, le gamin s’est montré de plus en plus lunatique et désagréable, jusqu’au jour où il a annoncé qu’il déménageait et a lâché sa bombe. « C’est mon oncle qui m’a demandé d’être copain avec toi au début de l’année, parce qu’il travaille à l’école, en fait, j’en ai jamais rien eu à faire de toi ».
Inutile de dire que la culpabilité parentale s’emballe grave. Non seulement, tu as envie de traiter un dix ans d’enfoiré mais en plus ton fils a le coeur brisé et tu en es responsable, indirectement.
C’est vrai que l’expatriation, c’était notre rêve et c’était surtout un choix ce n’était juste pas le sien. 
C’était notre rêve de montrer à nos enfants un nouveau pays et de partager avec eux de nouvelles richesses malgré l’appréhension, les efforts et les sacrifices.
Aujourd’hui, si on arrive à affronter la frustration du retour et les contrariétés quotidiennes inhérentes à l’impatriation, c’est grâce à tout ce que l’on a vécu là-bas.
Ils ont voyagé, beaucoup, ils ont rencontré des personnes de tous les milieux, des très riches qui se perdaient dans leur grande maison et des copains très pauvres qui mangeaient rien le weekend. Ils ont rencontré des ultra-conservateurs sympathiques, des progressistes hilarants. Ils ont goûté des plats nouveaux avec quelquefois des ingrédients étranges. Ils ont vu des amoureux de tous les âges et de tous les sexes se tenir par la main et parler d’amour. Ils savent que le champion du Texas de lutte féminine est un garçon. Ils ont vu des nanas s’exhiber à demi-nues à La Nouvelle-Orléans et des familles vivre dans des cartons à Los Angeles. Ils ont vu la mort au cimetière d’Arlington et l’Alamo, et ont visité Gettysburg.  Ils citent JFK et connaissent MLK. 
Ils mettent leur main sur le coeur quand ils chantent l’hymne américain et parlent anglais couramment. 

Mais ce qu’ils ont réellement appris pendant ces cinq ans, c’est accepter les autres et leurs différences parce qu’ils savent ce que c’est d’être celui qui est différent.

Après avoir été le "Frenchy" au Texas, il est "le Texan" en France.
Ouray, Colorado.


Quand on est parent, on fait du mieux que l’on peut même si ça n’est pas toujours très réussi. Je leur rappelle généralement que c’est du carburant pour leurs futures visites chez le psy, où ils pourront à loisir déblatérer sur leurs égoïstes parents qui les ont forcés à vivre cinq fantastiques années d’enfer texan.
Alors il est toujours amusant de recevoir des reproches et des conseils de personnes qui assises derrière leur écran, n’ont jamais vécues à l’étranger, n’ont pas d’enfant ou n’ont pas un sou de psychologie. 

Je crois que même si à cause de nous ils ont été stressés quelquefois, si ils ont eu peur, trop froid ou trop chaud, ça valait le coup et je repartirais à la minute, avec eux, là ou ailleurs, si ça se présentait à nouveau.


Le Grand Canyon, North Rim, Angels Window.

mardi 4 avril 2017

I'm a big big girl in a big big world.




Miss N. in the woods, in Austin.



Here is the one and only article in english you will find in my blog. I did not write it. My sweet daughter did it and she did a better job than I would have done. Last month, her teacher asked the class to write about a moment in their life when they "broke a barrier". This is what she wrote. This expatriation is such a huge adventure for such a little girl, "I'm not little, I'm young!"  she keeps repeating. She has now spent half of her life in Texas and I love who she is becoming. 

"I did not always know how to speak English, in fact I used to not know any English. Because I was born in France, I only knew French. On my first day of first grade I was supposed to write about something that belonged to me. The teacher came over and tried to explain to me that I could write about my necklace. I just stared at her blankly, she even took it in her hand and showed it to me. 
By that time I was wondering what I was going to do all day If I couldn’t speak or understand a foreign language. During recess I just held the teacher’s hand. When it was finally time to go home I was glad to see my mom waiting for me. I told her about my day and she told me it would be « okay » but I didn’t think so. 
The next morning I cried and cried, for I didn’t want to go back to « that place ». Sadly, the next morning my brother and I were both in the backseat of the car to go to school. That day, the teacher passed out some words for the class to study at home. My mom made me study every night. 
Finally I went to a girl that I had silently befriended, summoned up all my courage and asked with my terrible french accent « can you play with me? » Her mouth opened really wide and she ran to tell the teacher. The teacher smiled real big and told her that was « awesome! ». Great. I broke my barrier by the end of first grade."



Miss N. on the 4th of July.










"Je n’ai pas toujours parlé anglais. En fait, avant, je ne parlais pas un mot d’anglais. Comme je suis née en France, je ne parlais que français. Mon premier jour de 1st grade, je devais écrire un texte sur quelque chose qui m’appartenait. La maitresse est venue vers moi et a tenté de m’expliquer que je pouvais écrire au sujet de mon collier. Je l’ai juste regardé d’un air ébahi, elle l’a même pris dans sa main et me l’a montré. 
A ce moment-là, je me demandais ce que j’allais faire toute la journée si je ne pouvais ni parler ni comprendre une langue étrangère. Pendant la récré, j’ai tenu la main de la maitresse. Quand ça a enfin été le moment de rentrer à la maison, j’étais contente de voir ma mère qui m’attendait. Je lui ai raconté ma journée et elle m’a répondu que « ça allait bien se passer », mais je ne l’ai pas cru. 
Le lendemain matin, je n’arrêtais pas de pleurer parce que je ne voulais pas retourner dans « cet endroit ». Tristement, le matin suivant, mon frère et moi nous étions tous les deux assis à l’arrière de la voiture en route pour l’école. Ce jour-là, la maitresse a distribué des mots à étudier à la maison. Ma mère m’a fait travailler tous les soirs. 
Finalement, je suis allée vers une fille avec qui je m’étais liée d’amitié silencieusement, je rassemblais tout mon courage et lui demandais avec mon horrible accent français: « Tu veux jouer avec moi? ». Bouche bée, elle partit en courant pour le répéter à la maitresse, qui sourit de toutes ses dents et ajouta: « génial! ». 

Super. J’avais franchi l’obstacle avant la fin du 1st grade."





vendredi 11 novembre 2016

Veteran's Day, des larmes et Tom Cruise







Le 11 Novembre en France, on célèbre l’Armistice de la Grande Guerre. Aux Etats Unis, on célèbre tous les vétérans. Veteran’s Day aux US n’est pas férié, mais ne t’inquiète pas pour nous, on se rattrape sur Columbus Day et Martin Luther King Day. Aujourd’hui les enfants vont sortir de l’école plus tôt et rien que pour ça, j’ai une super envie de crier « Hourra », parce que qui dit « early dismissal », dit « pas de lunch box ».

Je ne suis pas en train de t’entretenir de la futilité de mon organisation alimentaire quotidienne du tout, je vais te parler de la journée d’hier, riche en émotions, que j’ai vécue.

Tout d’abord, j’ai déposé le musicos, sa trompette et son pupitre à 7:30 tapantes à l’entrée de l’école pour qu’il ait le temps de s’installer et de s’échauffer avec le reste de la Band. Tu sais, ce moment cocasse où les concertistes te donnent l’impression de faire n’importe quoi dans une cacophonie absolue l’air super sérieux. Là, comme je suis une mère parfaite, j’ai complètement oublié l’existence de ma fille qui lisait calmement et l’ai déposé à l’école avec dix minutes de retard. 

Le gymnase s’est rempli doucement de parents, vétérans et élèves de l’école pendant que la Band jouait de la pep music pour réveiller tout le monde. 
La principale a ensuite pris la parole pour inaugurer cette journée particulière. On a assisté au levé des couleurs, récitation des Pledges of Allegiance, et défilé des Scouts, je vais finir par faire une interro écrite en fin d’année, tu devrais savoir tout ça sur le bout des doigts depuis le temps.
La Band a alors joué l’hymne américain puis America the Beautiful, accompagnant les petites voix cristallines de la chorale de l’école des petits. 

C’est à ce moment-là qu’un pilote des Marines est arrivé derrière le micro. J’essaye de penser à une description pour que tu visualises le truc mais je vois pas. Si tu as vu Top Gun 18 fois comme moi, j’ai espoir de te faire partager ce moment délicieux. 
En fait, Tom Cruise, ses 24 ans et son blouson aviateur sont entrés dans la salle. Il a  pris la parole, puis a fait défiler sur grand écran des photos de lui aux commandes de son avion, avec son fusil en main en Afghanistan, avec des collègues à lui, avec des petits afghans qui lui tendaient la main et d’autres photos sur lesquelles il n’était pas et que j’ai déjà oubliées. 

Il a pris quelques questions dans l’assemblée: la directrice se chargeait de relayer les questions des enfants à la voix inaudible mais elle en a vite eu assez, alors elle a remercié Tom Cruise d’être venu et l’a poussé hors du pupitre alors que j’avais une question concernant sa situation maritale de pilote.

Elle a ensuite demandé à la Band de jouer les airs de musique de l’armée américaine, et comme j’adore la musique militaire, c’était un peu Noel avant l’heure. A chaque extrait interprété, les Vétérans concernés se levaient et l’émotion devenait palpable dans la salle.

C’est alors que mon fils trompettiste a été appelé au pupitre devant toute la salle pour interpréter « Taps », l’air joué à la trompette lors des funérailles des soldats américains. Si tu te demandes pourquoi mon fils, je te remercie de la question, et je te réponds que les solos sont attribués aux premières chaises de chaque instrument, tu entends là, comme j’explose de fierté?

L’audience n’en menait pas large et il y a eu des yeux embués à tous les coins de la salle. La commémoration s’est terminée, le gymnase s’est vidé et la directrice m’a fait un hug pour me dire combien elle avait apprécié l’interprétation de ma progéniture. 

Comme je ne perds pas le nord facilement, mon radar Top Gun m’a ramené auprès de ma copine qui avait invité Tom Cruise à participer. Elle m'a regardé et m’a dit « T’as vu Captain America? » d’un air entendu. Tu m’étonnes que je l’ai vu. Surtout que Tom Cruise, plus vrai mais plus vieux, l’Homme l’a rencontré cet été sur son lieu de travail et la seule chose qu’il m’a ramené c’est une photo trouble d’un mec en babygro noir de pilote au milieu d’un champ, où il est absolument impossible de discerner quoique ce soit.

Plus sérieusement, quoique je plaisante rarement quand il s'agit de Tom, aujourd'hui les écoles américaines feront une minute de silence à 11h11 pour se souvenir de tous ceux qui ont laissé leur vie sur une plage normande, dans un désert afghan ou sur une montagne yougoslave. 
Gardons, nous aussi, leur souvenir vivant en travaillant à la paix chaque jour.












mercredi 9 novembre 2016

Théorie dite "de la merde et du ventilo"





J’avais prévu de te faire partager le nouveau projet de l’école élémentaire de ma fille depuis plusieurs jours et puis, les événements étant ce qu’ils sont, j’ai décidé d’étoffer un peu mon article.

Demain, l’école de ma fille va célébrer Veterans Day en musique, grâce à un concert-hommage donné par la Band de l’école de mon fils. Il s’entraine avec passion et commence à appréhender un peu: il va jouer deux solos. Tu imagines ma fierté et mon angoisse, surtout qu’il va jouer Taps, l’air de trompette joué aux funérailles des soldats américains.
Ma fierté est encore plus grande parce que ma fille a participé au projet de l’école qui rend hommage à tous les vétérans ayant un lien familial avec les enfants de l’école. Ainsi, elle a conversé avec ses deux grands-pères qui ont tous les deux servis pour notre grande et belle nation afin qu’ils soient eux aussi présents sur ce mur, nommés,  accompagnés d’une photo suivie de leurs années de service. J’en ai profité pour ajouter un hommage à mon frère, engagé dans l’armée de Terre qui a perdu la vie en 1995 en ex-Yougoslavie, sous les couleurs de l’ONU.
Inutile de te dire, qu’aucun de ces trois protagonistes ne pensaient un jour se retrouver honorés de la sorte sur le mur d’une petite école américaine. Je suis ravie que cela arrive, surtout que leurs affiches ont été traitées avec le même respect que celui apporté aux vétérans américains. Quelqu’un ayant même pris soin de trouver le logo de l’arme à laquelle ils appartenaient en France, et ça, ça m’a fait plaisir.

Je suppose que l’émotion sera intense demain matin, surtout que la Band va jouer les hymnes de chaque arme et que chaque vétéran dans l’audience est invité à se lever pour que l’on puisse lui faire une ovation. Ce n’est évidemment pas une surprise qu’ici, on puisse cultiver le respect de ceux qui donnent leur vie pour leur pays.

Et puis, je ne peux évidemment pas passer sous silence l’élection du nouveau President des Etats-Unis. Je dois reconnaitre que, comme la plupart des expats français aux US avec lesquels j’ai un lien sur les réseaux sociaux, je suis toujours sous le choc.


Je tiens tout d’abord à te dire que la réaction de la communauté française des USA m’a d’abord réconfortée. Quand on est contrarié, on aime bien l'être à plusieurs et se réconforter, s’encourager ou le cas échéant râler et se plaindre. Et là me revient en tête une expression imagée apprise peu après notre arrivée ici: « When the shit hits the fan » (quand la merde frappe le ventilo), et ouais, l’idée, c’est qu’il y en aura pour tout le monde!
Ironie du sort, la copine qui me l’a apprise à fort probablement voter Trump, exutoire de sa haine pour la clique à Clinton, comme beaucoup d’américains.

C’est ce matin au réveil, que l’on a trouvé le message envoyé par un de nos copains texans, court, concis mais pas moins explicite:  « fuck ».
Je pense aussi à ce couple formidable de dames rencontrées à Austin qui m’avaient dit, six mois en arrière, s’être renseignées pour émigrer  au Canada. C’était la première fois que j’entendais ça!

C’est la grande majorité de mes voisins et concitoyens qui doit être heureuse. Surtout ceux qui s’amusaient à harmoniser leurs panneaux « Trump », « Say no to abortion", et « Hillary for prison » avec leurs pétunias, et les arrangeaient inlassablement tous les deux jours, en formation diamant, en quinconce et en rond depuis le mois d’Août. 

Je ne suis pas une experte en politique et je ne vais surtout pas me ridiculiser en te livrant une analyse politique de mon cru. Je crois que si tu as besoin d’en savoir plus, il y a assez de gars, là dehors, qui ne demandent qu’à être écoutés, quitte à dire un gros tas de conneries.

Je ne souhaite qu’une chose c’est que la haine qui sort de la bouche de ce monsieur ne donne pas une légitimité à tous les autres. Après tout, pourquoi s’encombrer de gêne et de bienséance ou de respect quand ton propre président n’en a aucun. Que le pire en l’homme me surgisse pas dans notre quotidien de façon naturelle sous prétexte qu’un chef d’état se permet des sorties indignes de son statut.
J’ai donc donné pour consigne aux enfants de ne pas parler des élections et de ne surtout pas se mêler des discussions qui risquaient d’en découler. 

On va assister maintenant au bal des faux culs et ça, ça va mériter de se délecter devant la télé de ce petit cidre breton que j’ai acheté en vendant un rein hier. Tous ceux qui ont bouffé du Trump après chacun de ses coups d’éclat en promettant de ne pas le soutenir, de ne pas voter pour lui, tous ayant des raisons légitimes de le faire tout en étant dans son camp, vont maintenant recourir à la séduction pour obtenir ses faveurs. 
George W. Bush, malgré tout ce qui nous sépare, je te le dis, ton vote blanc est une des rares choses qui m’ait fait jubiler ce matin, bon ça et aussi ce tweet qui disait:  
« Nous recherchons toute personne ayant eu un contact avec une bonne nouvelle en 2016, votre témoignage est important ».





vendredi 30 septembre 2016

L'école américaine partie 4






Comme je te l’ai déjà dit à plusieurs reprises, la vie scolaire américaine est plus divertissante et plus ludique qu’en France. Ici, la vie s’écoule tranquillement au rythme de toutes les activités que l’école propose. Les sports ont la part belle évidemment. Mais, il y a aussi la chorale, les clubs. Et toutes les semaines sont émaillées de petites célébrations en tous genres comme la journée en rose pour le fundraiser (levée de fonds) pour la lutte contre le cancer du sein, College shirt (au cours de laquelle tu dois porter le tee shirt de la fac de tes parents), la journée des crazy socks (porter des chaussettes excentriques et/ou dépareillées), la journée des twins (deux élèves qui s’habillent pareil), la journée déguisée de Halloween), et aussi toutes les fêtes qui viennent se greffer sur la vie scolaire: le Fall festival, le talent show, les courses, je ne te parle même pas des concerts de la Band, les concours de Whiz Quiz (concours de culture générale inter-écoles) et si vraiment t’es branchée religion, les cours de Bible tous les Lundis. 
Ajoute à ça les pep rallys qui reviennent régulièrement, les matchs de foot du Lycée (auxquels toute la ville se rend) et les soirées.  

La semaine dernière, dans la Junior High de mon fils a eu lieu Homecoming.
La première fois que j’ai entendu parler de Homecoming, j’ai cru qu’il s’agissait de la fameuse soirée où les garçons offrent une fleur qui se porte au poignet, à l’élue de leur coeur.
Alors, là, je te corrige tout de suite, c’est pas Homecoming, c’est Prom night. Homecoming a lieu en Automne alors que Prom est une soirée de printemps. Mais là, je ne peux rien dévoiler à ce sujet, n’oublie pas, comme toi, j’ai fréquenté un ennuyeux lycée français dont le bal en avait été banni quelques années auparavant.

Pour info, Homecoming est une fête traditionnelle qui célèbre le retour des élèves à l’école, généralement le lycée. Cette année, l’école de mon fils (oui-oui, celui qui est en Band) qui est en niveau 3è français mais niveau 9th grade ici, y a participé. C’est normal: son école, une Junior High, accueille les élèves de 7th grade jusqu’en 9th grade. Mais la plupart des Junior High s’arrête au 8th grade, ce qui fait donc de mon fils un « freshman », c’est à dire qu’il est en première année de lycée, virtuellement.

Si tu suis toujours, je t’en félicite. Ne t’inquiète pas, l’histoire va décoller d’une minute à l’autre.
Sache que je vais maintenant te raconter quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs en Amérique, seulement au Texas, et ça tombe bien car je suis aux premières loges.

Homecoming a donc été célébré Jeudi dernier par les 9th graders enamourés. Façon poétique de te causer de ceux qui ont les hormones en ébullition. 
Au début de l’automne, chaque année, a lieu un pep rally un peu particulier, (si tu ne sais pas ce qu’est un pep-rally, je ne peux que te vilipender, cher lecteur, et t’enjoindre de relire mes derniers articles sur l’école américaine) suivi du Homecoming game (match de foot) puis du bal, Homecoming Dance. 
Cette tradition qui voulait à l’origine que l’amoureux demande à sa cavalière de l’accompagner au bal de Homecoming en lui offrant une fleur à attacher à son corsage, s’est transformée en un défilé de « Homecoming mums » plus énormes et plus fantaisistes les unes que les autres. Et le Texas, fidèle à l’adage qui veut que tout soit plus gros ici (« everything is bigger in Texas »), a bien fait évoluer les choses.
A première écoute, je me suis demandée pourquoi on mêlait les mamans aux rencontres lubriques d’après-bal. Il s’avère, lecteur avisé, que les mums sont aussi des fleurs,  les chrysanthèmes.
Pour en revenir à notre amoureux qui compte bien aller au minimum en troisième base ce soir, il a donc deux choix qui s’offrent à lui concernant l’acquisition de la mum: 
-il demande à Maman de la faire. 
-il demande à Maman de l’acheter. Et la maman de se tourner vers une professionnelle de la Mum. Car oui, c’est un métier. 

Sache que le garçon peut lui aussi recevoir une mum qui s’appellera une « garter », une jarretière qu’il porte à son bras et qui est généralement assortie à la mum de sa date (à prononcer « dèïte » et se traduit par « son rencard »).

Venons-en maintenant au prix de la guirlande: de 60 à 300$.
Imagine toi, une décoration composée de rubans aux couleurs de l’école, qui est suspendue autour du cou de la gente demoiselle, et qui comporte des leds (oui, leds, comme dans un magasin de luminaires, il n’y a pas d’erreur) des ours en peluches, des noeuds plus ou moins conséquents (plutôt plus), des enceintes pour le son et à l’occasion des clochettes.  L’évolution de cette tradition est réellement « out of control » (hors de contrôle) d’après les dires de mes indics texanes...



Je te sens dubitatif, je comprends. 
Que ce soit clair, il ne s’agit pas d’une tradition confidentielle, qui n’aurait cours que dans un lointain et obscur coin du Texas. Il s’agit bel et bien de quelque chose d’important et de très suivi. 

Certaines de mes amies texanes m’ont fait part de leurs doutes concernant le bon goût et l’utilité de la chose. Un peu embarrassées, certaines d’entre elles ont même suggéré que ça ne risquait pas d’arriver en France. Pour ma part, si on me promet des matchs de foot, des graduations, des pep-rallys, des bals et des quaterbacks, je veux bien refaire tout le lycée avec tout le merdier suspendu autour du cou, pendant trois ans sans problèmes. 

Le point vocabulaire

Je vais saisir l’occasion de ce billet concernant la période délicieuse et ingrate qu’est l’adolescence pour te donner quelques infos précieuses de vocabulaire au cas où, lecteur, tu aurais:
1/moins de vingt ans 
2/serais parent d'un "moins de vingt ans"
3/ ou aurais prévu de te réincarner en teenager américain dans ta prochaine vie. 

Si on te pose la question « Did you french her ? »
Sache que l’on ne parle pas manucure. Il y a de fortes chances que ton interlocuteur fasse référence au french kiss. 
A traduire par « t’as mis la langue? » 
Question posée à répétition au lendemain de Homecoming, j’ai mes sources. Note que le Français a donc un verbe pour l'honorer sur la question technique du « comment aller en première base? » et ça ravit notre orgueil de Latin Lover.

C’est avec une grande délicatesse que je vais traiter maintenant de la question du Zoum zoum zang.
Si on te pose la question  «  Did you go to first/second/third base yesterday? »(t’es allé en première/seconde/troisième base hier?)
Cette référence sportive, plus précisément de base ball, n’a aucun rapport avec un quelconque loto sportif. Il s’agit de la zone géographique où se sont focalisées les attentions de l’amoureux transi qui t’a offert une Homecoming mum de compétition et qui s’attend à ce que tu lui prouves ta reconnaissance à l’arrière de la Mustang. 
Je laisse à ton imagination fertile le soin de t’indiquer à quoi correspondent les bases, sachant qu’en première base, comme au base ball, les coups en-dessous de la ceinture ne sont pas tolérés…





vendredi 16 septembre 2016

L'école américaine partie 3


Je ne comptais pas vraiment te donner des nouvelles de moi aujourd’hui, mais il semblerait que ce soit la semaine des célébrations dans les écoles. 

Ce matin, j’ai mis la main dans un nid de « fire ants » (indice: ce n’est pas un hasard si elles s’appellent les « fourmis de feu ») par miracle je venais d’enfiler des gants. Je vais donc célébrer le fait d’avoir encore mes deux mains valides en te tapotant le déroulement de notre semaine scolaire texane.


Aujourd’hui, outre le week end, c’est Citizenship Day. 
Les enfants sont donc invités à porter du bleu- blanc -rouge. Les drapeaux, noeuds ou écharpes aux couleurs du drapeau étant aussi les bienvenus. La Band des Junior High d’à côté va jouer pour mon plus grand plaisir mais aussi accompagner la chorale  de l'élémentaire au moment de l’hymne américain, the National Anthem (et devine quoi: ma fille est dans la chorale et mon fils dans la Band je sais plus si je l’ai précisé les douze dernières fois que j’ai abordé le sujet).
La prof de musique a briefé la chorale hier en leur expliquant que la Band a la fâcheuse habitude de jouer l’hymne trop vite. Ce que ma fille a répété à son frère, ce qui n’a pas manqué de provoquer un échange assez houleux, chacun prêchant pour sa paroisse. « C’est les gens du showbiz qui le joue doucement  pour faire des vocalises, mais c’est pas comme ça que ça se joue à la base j’te dis » d’après l’opinion du clan des musicos.

Les Scouts du coin sont là aussi pour procéder à la levée des couleurs, drapeau américain et drapeau texan, suivi du Pledge of Allegiance, le serment d’allégeance au drapeau des Etats Unis suivi du serment d’allégeance au drapeau du Texas. Les enfants et les adultes se tournent alors vers les drapeaux, main sur le coeur et récitent:

« I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. »
« Honor the Texas flag; I pledge allegiance to thee, Texas, one state under God, one and indivisible. »

Une dame dont j’ignore l’identité leur a ensuite fait un long discours improvisé sur ce qu’est la citoyenneté et surtout être un bon citoyen.  C’est là qu’elle a parlé d’un gars qui sortait ses poubelles ce matin puis de son chien qui était un citoyen de sa maison, mais je crois qu’elle avait déjà perdu la moitié de l’audience au moment des poubelles. Du coup, certains gamins ont raté son explication sur le fait que tu n’es pas que le citoyen de ta ville mais tu es aussi un citoyen du monde. Dommage ils auraient pu expliquer à certains de leurs parents que non-non, il y a bien d'autres pays autour du globe.  
La célébration a pris fin au son de la Band, en musique, sur de bonnes paroles et de beaux sentiments. 

Ça m’a fait penser à la parade de samedi dernier, au cours de laquelle la Band de Trinity, le lycée du coin, a arpenté les rues de notre ville à pied, pendant plus de cinq heures en jouant de la « pep music ». J'ai dit pep, non pas pop, note bien. Les habitants pouvaient commander un air en particulier et la Band s’arrêtait devant chez eux et jouait pour eux! 
Nous, les parents, suivions en voiture, escortés par la police qui ouvrait la route; notre rôle étant de saluer les gens sur les bords de route, trop fiers de nos rejetons, qui finissaient  ravis mais cuits (au propre comme au figuré) leur tour de ville. 
Il s’agissait d’une première pour mon trompettiste favori qui n’est pas encore Marching Band, puisqu’il n’est pas encore au lycée mais était toutefois invité à participer. Les habitants se sont prêtés au jeu avec un grand plaisir et mon fils a trouvé génial de jouer dans la rue en marchant. Il m’a même raconté qu’ils avaient joué « Happy birthday » à une vieille dame qui en a pleuré de bonheur.

Et puis Jeudi matin, il y a eu un Pep rallye à Harwood Junior High. A cette occasion, toute l’école se rassemble dans le gymnase, la Band joue, les gymnastes et les cheerleaders font des démonstrations de leurs prouesses et un prof joue le maitre de cérémonie au micro. Le but de ses rassemblements: exciter ou raviver l’enthousiasme des élèves pour leur école et leurs athlètes. C’était le premier pep rally de l’année, les prochains seront moins timides. Le maitre de cérémonie a du s’y reprendre à deux fois pour que les 7th graders (niveau cinquième) participent au concours de bruit. 
On croit rêver.