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vendredi 15 juin 2018

In his eyes

L'auteur dans Zilker Park à  Austin, TX.


This is a text in english that my son wrote this past year at school. I think he is a good story teller with a great sense of humor. 
Pat Conroy was one of my favorite authors then and still is, after his passing in 2016.



A few years back, in 2014, when me and my family still lived in the US, and when we still did huge road trips around the multiple states of the enormous country, we came to a town called Beaufort. It was located on the swampy coast of South Carolina, and was not very big (that’s an understatement as the town only had a main street with three rickety houses) yet it had some beautiful suburban houses, built in the old Creole plantation style. The neighborhood was very nice to drive through (drive, because who would have walked in that humid yet boiling atmosphere, with the bitter sweet scent of pollen from all the great magnolia trees harassing the nostrils, and the possibility of a surprise attack by the swamp’s inhabitants, ranging from alligators and crocodiles to snakes and fearsome raccoons!).

Yet we had a reason for braving the dangers of the wild South Carolina. My mom had learned that a famous author, Pat Conroy, lived in the area surrounding Beaufort. This and the awesome restaurant that served the « best shrimp and grits on the east coast ».
We set off trying to find Pat’s house, which we all thought would be so majestic we would not miss it. 
We were mistaken. The author, probably in fear of paparazzi assaulting his private life, had camouflaged his house among the others. An hour later, we had searched through the entirety of the neighborhood. Twice. At that point we were tired, and if they had not already, the good people of Beaufort were probably asking themselves whether to call the cops on the odd grey « soccer mom van » driving in the eerily empty street. Tired and hungry, we decided to go to the visitor center in the historic part of town to gather information of the whereabouts of the house.

The historic district was bigger than the main street, since it had four grand buildings. We entered the cool and dry visitor center and just stood in the doorway, enjoying the wonders of climatization. My mom was the first to come out of that trance and went to ask the woman working in the gift shop a bit of information of the town, and the not too subtly asking for where good ol’ Pat might happen to live, so we could totally not drive up to his house and take a bunch of pictures and not ask for his autograph. The woman, who had probably been paid off by Pat, said nothing of where he was, but gave us a book he had hand-signed. 
After this short and unfruitful encounter, we went back to the car. Again, we had a bad surprise. In the three minutes we had parked in front of the visitor center, we had gotten ticket from the local (and probably only) policeman. But I guess my parents were too tired to argue and we left and paid the ticket later.

After this not so great encounter with bad luck, we were too tired for anymore adventure and went back to our hotel room. So people can say what they want about this story, but at least we tried our best to meet the renowned author.





Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, voici ma traduction qui malheureusement pour vous ne reflète que pauvrement la truculence du texte original.


Quelques années en arrière, en 2014, quand j’habitais toujours aux US avec ma famille et que nous faisions encore des énormes road trips traversant les multiples états de cet immense pays, nous sommes allés dans une ville nommée Beaufort. Elle se trouvait sur les rives de la marécageuse Caroline du Sud et ça n’était pas bien grand (c’est un euphémisme vu que la ville n’était composée que d’une rue principale et de trois maisons bancales) mais on y trouvait quelques belles maisons, construite dans le style « vieille plantation créole ». Le quartier était très sympa à traverser (en voiture, parce que QUI aurait marché dans cette atmosphère humide mais brûlante, saturée du parfum doux amer de tous ces grands magnolias qui nous assaillait les narines, et la possibilité d’une attaque surprise par un des habitants du marais, alligators, crocodiles, serpents ou encore de redoutables ratons-laveurs!).

Cependant nous avions une bonne raison pour braver les dangers de la sauvage Caroline du Sud. Ma mère avait entendu dire que le célèbre auteur Pat Conroy, vivait dans un quartier de Beaufort. Ça et le sensationnel restaurant qui servait les meilleures « shrimp and grits » de la côte Est. 
On se mit en route à la recherche de la maison de Pat, que nous imaginions tous si majestueuse, que nous ne pourrions pas la rater. On avait tort. L’auteur, probablement par peur des paparazzis, avait rendu sa maison invisible parmi les autres. Une heure plus tard, nous avions inspecté tout le voisinage. Deux fois. A ce stade, nous étions crevés, et si les honnêtes citoyens de Beaufort ne l’avaient pas encore fait, ils devaient hésiter à appeler la police au sujet d’un étrange van gris de « mère de famille nombreuse » passant dans les rues étrangement vides.

Fatigués et affamés, on décidait de se rendre à l’office de tourisme du centre historique, pour rassembler des informations sur la maison. Le quartier historique était plus imposant que la rue principale vu qu’il était composé de quatre bâtiments. 
On est donc entré dans l’air frais et sec du « visitor center », profitant de cette merveille qu’est la climatisation dès le pas de porte. Ma mère fut la première à sortir de cette transe pour demander des renseignements à la vendeuse de la boutique de souvenirs, demandant de façon peu subtile où pouvait bien vivre ce bon vieux Pat. Dans l’optique de ne pas se rendre chez lui pour y prendre des photos ni bien sûr de lui demander une dédicace. La dame, qui avait probablement été payée par Pat, ne révéla rien mais nous vendit un livre dédicacé de la main de l’auteur. 

Après cette rencontre courte et infructueuse, nous retournâmes à la voiture. Une autre mauvaise nouvelle nous y attendait. Dans les trois minutes où nous étions restés garés devant le « visitor center », nous avions reçu un PV du seul et probablement unique policier du bled. Je suppose que mes parents étaient trop fatigués pour discuter, on reprit donc la route et ils payèrent plus tard.

Après cette rencontre plutôt mesurée avec la chance, on repartit pour l’hôtel, trop crevés pour chercher d’autres aventures. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent mais au moins on a fait de notre mieux pour rencontrer Pat Conroy.







jeudi 6 novembre 2014

Beaufort et Hunting Island



Après Savannah, nous avions prévu de planter la tente à Charleston, en Caroline du Sud. 175 kms séparent les deux villes. Mais au dernier moment, j'ai voulu faire un crochet par Beaufort, la ville étape "idéale" selon le Routard. C'est surtout la ville de Pat Conroy et je tenais à la visiter pour imprimer dans mon esprit tous les décors qui inspirent ses livres.
Bonne pioche, non seulement, c'est beau (l'Homme en parle comme de son étape préférée pour ce roadtrip, c'est dire...) mais en plus, c'est bon, et oui, une fois n'est pas coutume, je vais parler gastronomie.

La spécialité du coin: les crevettes!
Comme l'énumère Bubba dans Forrest Gump, les crevettes s'accommodent un peu à toutes les sauces dans le Sud:

"Anyway, like I was sayin', shrimp is the fruit of the sea. You can barbecue it, boil it, broil it, bake it, saute it. Dey's uh, shrimp-kabobs, shrimp creole, shrimp gumbo. Pan fried, deep fried, stir-fried. There's pineapple shrimp, lemon shrimp, coconut shrimp, pepper shrimp, shrimp soup, shrimp stew, shrimp salad, shrimp and potatoes, shrimp burger, shrimp sandwich. That- that's about it".

Nous avons mangé des crevettes préparées selon la méthode locale, shrimps and grit: des crevettes en sauce servies sur une polenta moelleuse.
Nous avons tellement apprécié que nous avons mangé des crevettes quasi tous les jours. Même dans les bouges les plus improbables; notamment au Crab Shack de Chimney Creek!
Des tables en bois sur une terrasse au dessus des marais, les crevettiers qui accostent sur le quai en face, des guirlandes dans les arbres, des ventilos dans tous les coins pour éviter de mourir étouffé dans la torpeur ambiante, un parc pour bébés alligators à l'entrée, des chats ventrus qui les observent d'un oeil blasé, un gros trou au centre de la table, la poubelle, et un robinet d'eau au milieu de la terrasse pour se laver les mains à l'aide d'une mixture à la pulpe de coco ...
Nous avons adoré!



L'objectif de la journée étant quand même de visiter la patrie de Pat, nous sommes allés à la pêche aux renseignements. A la libraire du port de Beaufort, Pat n'était pas là, mais ses bouquins dédicacés, si. J'ai donc acheté le dernier avec émotion, sachant que Pat l'avait tenu dans ses mains, puis j'ai prié que le talent soit un truc viral et que je l'attrape sur un postillon qu'il aurait envoyé sur la couverture.




Comme j'étais malgré tout un peu frustrée, j'ai suivi les conseils de la libraire et nous nous sommes rendus dans le quartier des vieilles demeures de Beaufort où les Conroy auraient une maison. Sauf que, détail gênant, elle n'a pas voulu me donner l'adresse exacte, même quand j'ai sous-entendu que je venais de France pour les voir (Pat et sa maison).
Un arrêt au visitor center et une contravention plus tard, je n'avais toujours pas plus d'informations sur la maison Conroy, mais j'avais une carte des demeures historiques...












Evidemment, il faut aimer la mousse espagnole et les grosses maisons à colonnades...


Difficile de s'imaginer le paysage de la Caroline du Sud avant d'y avoir mis les pieds. Il s'agit d'une région appelée "Lowlands"( les Basses Terres). Entre marécages et océan, les nombreuses rivières courent entre les villes et les domaines, et il est très difficile de distinguer où se trouve la terre ferme. Chaque maison possède sa jetée en bois au bout de laquelle attend un bateau à moteur. Souvent, on aperçoit une échelle, un plongeoir, un banc, un drapeau.





Lorsque nous nous sommes promenés au bord de ces "marais", on entendait l'eau qui se retirait à cause de la marée basse et des bruits un peu plus inquiétants, qui témoignaient de la vie intense qui grouille au milieu de la végétation. Personnellement, je n'aurais jamais mis un pied dans l'herbe ni sauté dans la rivière au bout du quai.

Avant le départ, j'avais noté le nom d'une île en face de Beaufort, accessible par la route, Hunting Island. C'est un parc d'état, où l'on peut passer la nuit, si on a pris soin de réserver une place de camping, environ 2 ans auparavant. Ici, les places sont rares car les gens se déplacent dans leur RV, des camping cars géants, restent plusieurs semaines au même endroit et y reviennent d'une année sur l'autre.
Je n'avais évidemment trouvé aucun emplacement disponible avant le départ, mais pris d'une inspiration soudaine, nous avons décidé de pousser la balade jusqu'à l'entrée du parc.
La fée des campeurs devait nous avoir à l'oeil, car miracle! Une place venait de se libérer...
Nous avons donc décidé de modifier tout notre planning et de passer une nuit dans cet endroit.
Pour visualiser le paysage, souviens-toi de Forrest Gump au Vietnam. Les scènes ont été tournées ici, dans cette végétation incroyable.




Les lumières sont interdites sur la plage à la nuit tombée pour ne pas perturber les tortues qui viendraient pondre sur le rivage. Nous avons donc fait un tour les pieds dans le sable blanc et fin, dans la nuit noire et profonde, sans Lune, et profité du moment. Nous avons également rencontré un monsieur avec qui nous avons discuté, et nous aurions été bien en peine de le saluer au petit matin, impossible de distinguer quoique ce soit cette nuit-là!

Nous nous croyions au Paradis jusqu'au moment de nous allonger dans la tente...
Nous avons compris pourquoi il y a tant de RV dans les campings aux Etats-Unis, et si peu de tente:
l'américain SAIT que sans air conditionné, tu ne dors pas. Ou alors achète une tente moustiquaire.
Nous n'avons pas du dormir plus de deux heures cette nuit-là. Il faisait tellement chaud et humide, on avait l'impression que nous n'arrêterions jamais de transpirer... nous avons dormi dans une moiteur intenable, les matelas s'étant transformés en piscine de sueur...


Nous avons définitivement quitté Beaufort et ses îles dans l'après-midi, direction Charleston, sa baie, ses forts, et ses plantations...