Affichage des articles dont le libellé est Hunting Island. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hunting Island. Afficher tous les articles

vendredi 16 janvier 2015

"Les Charlestoniens ne transpirent jamais. Il leur arrive de distiller de la rosée comme un massif d'hortensias." Pat Conroy



Il a bien fallu se résigner à quitter la Géorgie.
Alors on a quand même profité d'une dernière baignade, sur la plage déserte, à marée basse, dans une eau à 25°C, puis on a définitivement tourné le dos à Hunting Island avec un regard un peu triste, comme le Bambi qui nous attendait à l'entrée...



Prochaine halte, le camping de Mount Pleasant:


Des familles étaient déjà installées. Leurs voitures immatriculées en Caroline du Nord ou de l'intérieur des terres, elles venaient pour pêcher, au bord du lac du camping, les poissons-chats ou les tortues d'eau qui flottaient nonchalamment en face des tentes.
C'est lorsque la tente a été solidement installée que M. Alligator s'est manifesté...

Dormir allait demander un peu plus que du sommeil!

Comme nous, il allait faire un tour pour manger un bout.

Charleston est située à environ 170 km au nord de Savannah, en Caroline du Sud, sur une péninsule, bordée par la Ashley River d'un côté et la Cooper River de l'autre, elle fait face à l'Océan Atlantique.
Berceau du style de vie sudiste, elle respire la sérénité et l'élégance.


On a pris beaucoup de plaisir à se perdre dans les rues de la ville, découvrant avec émerveillement des maisons majestueuses, des cours intérieures fleuries et secrètes, de nombreuses églises et surtout la Battery, la rue baignée par le Charleston Harbor, où les maisons les plus emblématiques de la ville sont alignées.

Charleston a été fondée par les anglais qui lui ont attribué le nom de leur roi, Charles Town, au 17ème siècle. Il s'agit alors d'un important comptoir qui voit transiter le rhum, le sucre, mais surtout devient l'une des plaques tournantes du commerce des esclaves. Le riz, puis le coton demandent une main d'oeuvre énorme. Les plantations sont immenses, les bras, nécessaires aux cultures.

Magnolia Plantation, où vivait le révérend Drayton, qui allant à l'encontre des lois de Caroline du Sud, éduquait ses esclaves dans une petite école attenante à la maison des maîtres.




La Caroline du Sud est le premier état à faire sécession en 1860, après l'élection de Lincoln qui est opposé à l'esclavage. C'est aussi de Charleston que l'on tire le premier boulet de canon en 1861. La guerre de Sécession éclate suite au bombardement de Fort Sumter, aux mains de l'Union.



Les maisons, dans les rues de Charleston, se présentent de profil. La porte d'entrée est située la plupart du temps dans l'alignement de la terrasse. Cela s'explique par le montant de la taxe d'habitation qui était autrefois calculée sur la largeur de la maison. Mieux valait donc construire en profondeur et non pas face à la rue.

Point de vue des filles sur Charleston:

Le clou de notre visite a sans doute été la balade en bateau dans Charleston Harbor. Une régate avait lieu devant la Battery, on a aperçu des plages de sable blanc désertes, Fort Sumter et Fort Moultrie, et des dauphins qui s'ébattaient dans la baie.

La Battery

Fort Sumter


Point de vue des garçons sur Charleston:

Le clou de notre visite a sans aucun doute été la visite du porte avions USS Yorktown à Patriots Point.





 Dans les deux cas, on a du endurer la chaleur et le soleil et si il y a bien une chose de sûre, c'est qu'on a sacrément distillé ce jour-là et c'était pas de la rosée.


Lors de notre visite dans le marché de Charleston, nous avons découvert une tradition ancestrale, les "sweetgrass baskets" (paniers tressés en jonc, palmes et aiguilles de pin).
Lorsque les habitants d'Afrique de l'Ouest étaient capturés puis arrachés à leur continent, ils n'avaient que leurs traditions et leur cultures comme bagages. Dans les plantations des Lowlands, les Basses Terres de Caroline du Sud, le riz était la culture prédominante avant d'être supplantée par la culture du coton.
Les esclaves originaires d'Afrique de l'Ouest connaissaient la culture du riz et étaient donc recherchés pour leur compétence dans les marchés aux esclaves des Basses Terres.
La plupart se doutait qu'ils ne reverraient plus jamais leur pays, ils emportaient donc avec eux leurs souvenirs et quelquefois, cachés dans leurs vêtements, des petits objets, tels que ces paniers. Objets traditionnels africains de la culture du riz, ils ont donc traversé l'Atlantique et sont apparus à la fin du 17ème siècle en Caroline du Sud.
Les paniers sont tressés en jonc et en palmier, des plantes qui poussent sur les côtes de Caroline du Sud, comme un signe que Dieu leur envoyait, expliquent les descendants de ces esclaves. La dame qui a tissé le nôtre a appris à tisser avec sa grand-mère quand elle était petite, comme la plupart de ces artistes. Il n'y a pas deux paniers identiques. C'est un art qui se transmet de génération en génération et les garçons comme les filles apprennent à tisser les paniers.








On en avait donc fini avec la Caroline du Sud.
Nous allions remonter vers Ashville en Caroline du Nord, direction Chimney Rock et les grandioses paysages du Dernier des Mohicans.

jeudi 6 novembre 2014

Beaufort et Hunting Island



Après Savannah, nous avions prévu de planter la tente à Charleston, en Caroline du Sud. 175 kms séparent les deux villes. Mais au dernier moment, j'ai voulu faire un crochet par Beaufort, la ville étape "idéale" selon le Routard. C'est surtout la ville de Pat Conroy et je tenais à la visiter pour imprimer dans mon esprit tous les décors qui inspirent ses livres.
Bonne pioche, non seulement, c'est beau (l'Homme en parle comme de son étape préférée pour ce roadtrip, c'est dire...) mais en plus, c'est bon, et oui, une fois n'est pas coutume, je vais parler gastronomie.

La spécialité du coin: les crevettes!
Comme l'énumère Bubba dans Forrest Gump, les crevettes s'accommodent un peu à toutes les sauces dans le Sud:

"Anyway, like I was sayin', shrimp is the fruit of the sea. You can barbecue it, boil it, broil it, bake it, saute it. Dey's uh, shrimp-kabobs, shrimp creole, shrimp gumbo. Pan fried, deep fried, stir-fried. There's pineapple shrimp, lemon shrimp, coconut shrimp, pepper shrimp, shrimp soup, shrimp stew, shrimp salad, shrimp and potatoes, shrimp burger, shrimp sandwich. That- that's about it".

Nous avons mangé des crevettes préparées selon la méthode locale, shrimps and grit: des crevettes en sauce servies sur une polenta moelleuse.
Nous avons tellement apprécié que nous avons mangé des crevettes quasi tous les jours. Même dans les bouges les plus improbables; notamment au Crab Shack de Chimney Creek!
Des tables en bois sur une terrasse au dessus des marais, les crevettiers qui accostent sur le quai en face, des guirlandes dans les arbres, des ventilos dans tous les coins pour éviter de mourir étouffé dans la torpeur ambiante, un parc pour bébés alligators à l'entrée, des chats ventrus qui les observent d'un oeil blasé, un gros trou au centre de la table, la poubelle, et un robinet d'eau au milieu de la terrasse pour se laver les mains à l'aide d'une mixture à la pulpe de coco ...
Nous avons adoré!



L'objectif de la journée étant quand même de visiter la patrie de Pat, nous sommes allés à la pêche aux renseignements. A la libraire du port de Beaufort, Pat n'était pas là, mais ses bouquins dédicacés, si. J'ai donc acheté le dernier avec émotion, sachant que Pat l'avait tenu dans ses mains, puis j'ai prié que le talent soit un truc viral et que je l'attrape sur un postillon qu'il aurait envoyé sur la couverture.




Comme j'étais malgré tout un peu frustrée, j'ai suivi les conseils de la libraire et nous nous sommes rendus dans le quartier des vieilles demeures de Beaufort où les Conroy auraient une maison. Sauf que, détail gênant, elle n'a pas voulu me donner l'adresse exacte, même quand j'ai sous-entendu que je venais de France pour les voir (Pat et sa maison).
Un arrêt au visitor center et une contravention plus tard, je n'avais toujours pas plus d'informations sur la maison Conroy, mais j'avais une carte des demeures historiques...












Evidemment, il faut aimer la mousse espagnole et les grosses maisons à colonnades...


Difficile de s'imaginer le paysage de la Caroline du Sud avant d'y avoir mis les pieds. Il s'agit d'une région appelée "Lowlands"( les Basses Terres). Entre marécages et océan, les nombreuses rivières courent entre les villes et les domaines, et il est très difficile de distinguer où se trouve la terre ferme. Chaque maison possède sa jetée en bois au bout de laquelle attend un bateau à moteur. Souvent, on aperçoit une échelle, un plongeoir, un banc, un drapeau.





Lorsque nous nous sommes promenés au bord de ces "marais", on entendait l'eau qui se retirait à cause de la marée basse et des bruits un peu plus inquiétants, qui témoignaient de la vie intense qui grouille au milieu de la végétation. Personnellement, je n'aurais jamais mis un pied dans l'herbe ni sauté dans la rivière au bout du quai.

Avant le départ, j'avais noté le nom d'une île en face de Beaufort, accessible par la route, Hunting Island. C'est un parc d'état, où l'on peut passer la nuit, si on a pris soin de réserver une place de camping, environ 2 ans auparavant. Ici, les places sont rares car les gens se déplacent dans leur RV, des camping cars géants, restent plusieurs semaines au même endroit et y reviennent d'une année sur l'autre.
Je n'avais évidemment trouvé aucun emplacement disponible avant le départ, mais pris d'une inspiration soudaine, nous avons décidé de pousser la balade jusqu'à l'entrée du parc.
La fée des campeurs devait nous avoir à l'oeil, car miracle! Une place venait de se libérer...
Nous avons donc décidé de modifier tout notre planning et de passer une nuit dans cet endroit.
Pour visualiser le paysage, souviens-toi de Forrest Gump au Vietnam. Les scènes ont été tournées ici, dans cette végétation incroyable.




Les lumières sont interdites sur la plage à la nuit tombée pour ne pas perturber les tortues qui viendraient pondre sur le rivage. Nous avons donc fait un tour les pieds dans le sable blanc et fin, dans la nuit noire et profonde, sans Lune, et profité du moment. Nous avons également rencontré un monsieur avec qui nous avons discuté, et nous aurions été bien en peine de le saluer au petit matin, impossible de distinguer quoique ce soit cette nuit-là!

Nous nous croyions au Paradis jusqu'au moment de nous allonger dans la tente...
Nous avons compris pourquoi il y a tant de RV dans les campings aux Etats-Unis, et si peu de tente:
l'américain SAIT que sans air conditionné, tu ne dors pas. Ou alors achète une tente moustiquaire.
Nous n'avons pas du dormir plus de deux heures cette nuit-là. Il faisait tellement chaud et humide, on avait l'impression que nous n'arrêterions jamais de transpirer... nous avons dormi dans une moiteur intenable, les matelas s'étant transformés en piscine de sueur...


Nous avons définitivement quitté Beaufort et ses îles dans l'après-midi, direction Charleston, sa baie, ses forts, et ses plantations...