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vendredi 3 février 2017

Ma Texas Bucket List


Beaucoup de kilomètres avalés, beaucoup de dégustations plus ou moins regrettables, beaucoup de faux départs, beaucoup de ratages, mais avant tout beaucoup de découvertes et de bonheurs. 
Cette liste reflète 5 ans de road trips, de week ends mais surtout 5 ans de plaisir! 
Ladies and gentlemen, la TEXAS BUCKET LIST!




mardi 17 janvier 2017

Le Texas: cuisine et gastronomie (partie 3)

Livres de cuisine texane: mes essentiels


Texas cuisine (à prononcer « couisine »)

Mais restreindre la cuisine du Texas a son seul BBQ, serait lui faire injure. 
On y mange le poisson chat comme le poulet, frit. On y a découvert l’okra, un petit légume vert et creux qui se mange coupé en tranches et frit. Le Texas a aussi son caviar, le "black eyed pea", un petit haricot blanc avec une tache noire comme un oeil en son centre, à déguster à Noêl. 
Et les tomatillos! Une sorte de petite tomate verte qui rentre dans la composition de la « salsa verde", une tuerie qui fait pleurer et te laisse la langue brûlée au 3è degré. Parlons aussi du « biscuit » (prononce biskite) tartiné avec du beurre en accompagnement du repas. Cette petite merveille a conquis nos palais, et c'est un régal quand elle est réalisée avec maestria!

Des " buttermilk biscuits" faits maison par un copain d'ici
Et les tacos? On en parle?
Je ne fais pas référence à ces horribles chaines qui ornent les bords de route, mais bel et bien aux petites merveilles fraiches que tu dégottes dans un food truck ou dans des micro restaurants, où tu hésites à rentrer parce qu’absolument personne ne parle anglais là-dedans!

Guac, tamales, tacos, la vie, quoi!

Et puis surtout la découverte de toutes ces saveurs que je n’utilisais pas dans ma cuisine auparavant ou avec parcimonie et séparément: la coriandre fraiche et le jus de citron vert mariés aux piments de toutes les couleurs, toutes les grosseurs et de toutes les formes! Le jalapeño, ancho, habanero, chipotle ou encore le Hatch du Nouveau Mexique qui fait tressaillir de plaisir tout le Texas dès la fin Août, à sa récolte. Il se mange grillé, sans sa peau et les Texans le mettent à toutes les sauces (c’est le cas de le dire), muffins, saucisses, pains ou tacos.

Et les sauces épicées qui accompagnent les tacos ou les viandes et qui marient les fruits, les épices et les aromates.
Par exemple, une de nos préférées, le pico de gallo. C'est une "salsa fresca".
Je taille en petits morceaux tous les ingrédients: l'oignon doux, des tomates mûres mais fermes, du jalapeño dont j'ai enlevé les graines. J'ajoute de la coriandre fraiche hachée au couteau et j'arrose de jus de citron vert. Certaines recettes ajoutent une gousse d'ail. Tu mets au frais et tu attends que toutes les saveurs se développent. on la dévore avec des chips de maïs! 

Et les tamales? 
Quelle découverte que les tamales! Une farce à base de poulet ou de porc déchiqueté cuite à la vapeur dans son emballage de feuilles de maïs, présentée sur un lit de haricots et de riz et arrosée d’une sauce pimentée.
Tu le sens le respect qui monte là? 
Le respect du Frenchy qui parle bouffe tout le temps, à tel point qu’il a créé des fraternités et associations en tout genre pour vénérer son péché mignon avec d’autres personnes atteintes du même mal: la recherche de la baguette parfaite ou la confrérie de l’escargot. Même sur internet, les expats en manque créent des sites pour se refiler le plan de la bonne bouteille en promo chez Traders Joe, le canelé de la mort à Philadelphie, le meilleur expresso de San Francisco, la seule galette des rois digne de ce nom du continent tout entier!

Comme un chef

J’te jure, on se refait pas, le Français aime manger, aime ce qui est bon mais certains croient encore avec certitude qu’en Amérique, on ne peut pas se sustenter. 
Je te l’affirme haut et fort:
Je n’ai pas vécu dans les autres états, mais au Texas, si tu veux bien manger, tu peux!
Ne te laisse pas influencer par ceux qui ont la langue acérée, l’esprit étroit, ceux qui vont te bercer de préjugés chauvins et de clichés faciles alors qu’ils ne connaissent du Texas que ce qu’ils en ont lu dans Wikipédia. 
Le Texas a beaucoup à offrir pour ceux qui sauront partir à sa découverte. 
J’ai récemment lu un passage dans un de mes bouquins de bouffe qui disait à peu près ça: le mot « Tex-Mex » a souvent une connotation négative (à cause notamment des boites jaunes maléfiques) mais rejeter ce type de cuisine sous ce prétexte, c’est comme dire que la cuisine italienne est dégueulasse sous prétexte que tu trouves aussi des spaghettis en boite!

Je peux même te citer des grands chefs qui ont su utiliser la cuisine texane et l’élever au rang d’oeuvre d’art. 

Stephen Pyles, « born and raised in Texas » (né et élevé au Texas), est leader de ce mouvement né il y a quelques années: the New Southwestern Cuisine (la nouvelle cuisine du Sud Ouest). Ses restos sont à Dallas.  Lorsque je pense au déjeuner pris chez lui, je visualise une salle magnifique, mariant modernité et tradition comme sa cuisine et j'entends encore tous nos soupirs de plaisir à l'arrivée de nos plats. De sa margarita au jalapeño et aux fruits de la passion jusqu'à son "butterscotch pudding" en passant par son "NOLA style shrimps and grits" tout a été parfait. 

Dean Fearing, autre chef de Dallas, a revisité un plat qui est emblématique de notre état bien-aimé et en a fait un petit bijou: la tortilla soup. Ça a l’air de rien dit comme ça et tu t’imagines peut-être un gazpacho mal dégrossi ou une souplette rougeâtre. Tu te fourres le doigt dans l’oeil jusqu’à l'omoplate, les saveurs de cette soupe me titillent encore le palais et je garde en mémoire une explosion de saveurs mêlant génialement piments, épices et aromates…

Bonnell's à Fort Worth: dans son resto, tu vas te régaler de viandes et produits qui proviennent des ranchs et exploitations du coin. Les Texas bruschettas sont "to die for" (à mourir). Les "Elk mini tacos" vont te faire découvrir ou redécouvrir le "grits" un plat typique du Sud des Etats-Unis que l'on pourrait comparer (de loin) à la polenta arrosée d'une sauce au " green chile" (piment vert) du Nouveau Mexique, de pico de gallo et de "queso fresco" (fromage frais mexicain). Chez lui, j'ai mangé du cactus grillé pour la première fois!

Fearing's



La prochaine fois, j'aborde le plat "polémique" et emblématique du Texas... 
"Stay tuned" comme ils disent ici!






samedi 14 janvier 2017

Le Texas: cuisine et gastronomie (partie 2)

Des vaches épanouies dans un champ de bluebonnet.

Texas BBQ

Le barbecue Texan prend de nombreuses formes et saveurs, mais une chose est sûre, la légende qui dit qu’au moins le resto de BBQ ressemble à un resto mais au plus il ressemble à un boui-boui est vraie. Tu vas manger avec les doigts, te sucer les doigts, peut-être même avoir de la sauce sur le menton, redemander des serviettes en papier à ton voisin de table, manger à même une assiette en carton ou autre corbeille en plastique, tu vas décréter que tu n’as plus de place pour tes « sides », coleslaw et beans (salade de choux et haricots), et tu vas te surprendre à dévorer tout ça en te félicitant d’avoir laissé tomber le végétarisme en entrant sur le territoire texan. 
A la fin de ton repas tu vas surement déclarer que tu arrêtes le BBQ texan quelques temps. Et puis, tu vas y revenir parce qu’ici le barbeuc c’est une institution au même titre que la religion et le football. 
On a pas mal écumé les « barbecue joints » (un resto de BBQ), on a testé, gouté, classé, noté, dans un peu tous les coins de l’Etat. 


Ribs, saucisses et beef brisket

BBQ de Llano

On a fait la queue plus d’une fois sur un parking enfumé, attendant d’entrer dans le saint des saints. C’est que le principe numéro un du BBQ, c’est d’avoir le temps et d’avoir le bois. La viande? Au Texas, on n’a pas vraiment de difficulté à en trouver.
La sauce est unique à chaque « joint », le pitmaster est le Chef et chaque région a sa propre saveur:

Dans l’Est du Texas, on ressent l’influence des états voisins, notamment Tennessee et Louisiane, (et question cuisine, on s’y connait par là-bas). Le porc sous forme de «ribs» trouve donc naturellement sa place dans le BBQ de l’Est. La sauce y est généralement épaisse et sucrée. 

Dans le Centre Texas, la sauce n’existe pas et est généralement remplacée par un «dry rub », un mélange d’épices savamment étalé sur la viande. Lockhart est un peu la capitale du « no sauce » et si tu vas manger chez Kreuz BBQ, une institution au Texas, il y a de fortes chances pour que tu ne trouves pas de fourchettes… Le Beef Brisket, un morceau de boeuf frotté au sel et poivre et cuit pendant une douzaine d’heures dans un fumoir au bois de chêne te tend les bras. Il est tendre et les arômes te donnent envie de te pâmer de plaisir.

Dans la Hill Country, à l’Ouest d’Austin, dans des bleds comme Llano (à prononcer Layno: on ne parle pas espagnol au Texas mais Spanglish) on jette le boeuf et des saucisses sur le feu. Et oui, des saucisses: on n’a pas oublié ses origines allemandes et tchèques et c’est bon! La viande est souvent cuite sur un feu à la différence d’autres régions où elle est fumée sur un foyer indirect. On y devine l’influence des « ranchers » et des « cowboys » qui cuisinaient sur des feux de camps. Nous avons visité la Hill Country à plusieurs reprises et nous avons remarqué la présence de chèvres, moutons, agneaux et autres bestioles du même acabit dans les champs. On les a donc logiquement retrouvés, dans un cadre moins bucolique, les pattes et le reste étalés sur les grills du coin.


Le BBQ joint de Llano


La prochaine fois, je te parle gastronomie et chefs... 

Prochain article: Texas cuisine (à prononcer couisine)

jeudi 13 octobre 2016

Le Guide du Texas partie 1




Quand je commence à parler du Texas, de sa beauté et de la variété de ses paysages, tu me connais, je n’arrive plus à m’arrêter. J’en fais des pages et des pages, et je digresse et j’essaye de te prouver par A+B que c’est beau. Quand on me demande si j'ai des conseils de visites, j'ai toujours peur d'en oublier. Je n'ai qu'une crainte, c'est le visiteur déçu. De toute façon si il est déçu, c'est juste qu'il n'a pas vu le Texas que je connais. Je suis un peu comme une maman fière de son rejeton devant l'assemblée des invités: "Allez, montre comme tu es beau et spirituel!"

Tu verras, le jour où certains guides de voyage vont se réveiller. Tu seras bien content de m’avoir écouté et d’avoir visité parce que ça va être la ruée et tous ces petits bijoux bien dissimulés vont être violés par les randonneurs du monde entier peu scrupuleux.
Même si je suis secrètement contente que le Texas ait eu les honneurs des couvertures de certains magazines français il y a quelques mois, je dois te dire que ça m'inquiète un peu. Adieu les plages et les routes désertes, les commerçants calmes et souriants, les aires d'autoroute rutilantes, les texans accueillants...

Laissons croire que les Texans ont la gâchette facile, le coeur de pierre, et le point de vue étriqué, sous peine de voir rappliquer des hordes de touristes sales et mal éduqués.

Et puis, n’oublie pas que, où que tu te tournes, au Texas, la diversité des paysages est à l’image du territoire: immense. 
Des plaines, des montagnes, des forêts, des bayous et du désert, le Texas, plus grand que la France, a de quoi te séduire et t'en mettre pleins les mirettes. 

Demande à un Texan d'où il est, il y a de fortes chances qu'il réponde "Born and raised in Texas, M'am". Il est fier, poli et comme tous les  Texans il aime son drapeau. Et comme tous les petits Texans, il connaît l'histoire de son état. Le State Board of Education, genre de comité de l'enseignement pour le Texas, a rendu obligatoire l'enseignement de l'Histoire du Texas pendant l'année de 7th Grade (5è de collège).
Ainsi les gamins du Texas connaissent les explorateurs qui se sont disputés leurs terres, les batailles qui ont gagné l'Indépendance et les Hommes qui ont compté. La bataille de l'Alamo n'est qu'un détail de ce qu'ils doivent apprendre. Ils jonglent avec la bataille de San Jacinto, celle de Gonzales et son intrépide "Come and take it", ils voient le sang qui a été versé pour leurs frontières, et les hommes qui étaient prêts à mourir pour ce qui n'était encore qu'une terre inhospitalière. Aujourd'hui, je te dévoile ce qui rend le Texan si fier et pour quoi il a fait le sacrifice de sa vie.


Le territoire texan étant immense, il te faudra douze heures pour rallier Beaumont à l'Est à El Paso, à l'Ouest. Nous en sommes les premiers contrariés, à chaque road trip, la question lancinante du "On est sorti du Texas?" revient régulièrement. Si tu as la chance de le traverser du Nord au Sud ou d'Ouest en Est, ton chemin va croiser la Hill Country, et ça, c'est ta récompense...

Texas Hill Country, suivez le guide!

Jacob's Well
 Jacob's Well, le puits de Jacob, une petite merveille de la nature au coeur de la Hill Country. Le puits est profond de 42 mètres, et court sur plus de 1,5km. L'eau y est à 20C toute l'année. Un grillage a été installé à quelques mètres de profondeur pour éviter les noyades. Plus d'un plongeur inexpérimenté a plongé et s'est perdu dans les tunnels du puits.
Quand nous y sommes allés, un groupe de gamins s'amusait à sauter dans l'eau jusqu'à ce qu'un shériff débarque. Telle une volée de moineaux, les nageurs ont disparu dans les buissons en quelques secondes!


Hamilton's Pool
Jusqu'à cette année, il suffisait d'arriver tôt devant le portail pour espérer entrer dans le saint des saints. Puis, deux années d'inondations à répétition ont conduit à une limitation des visites de Hamilton's Pool. Il faut dorénavant prendre rendez-vous pour visiter cette sublime caverne à ciel ouvert. Je te dirais bien qu'il y a eu des noyades récemment qui ont conduit à l'interdiction de la baignade mais j'ai peur de t'effaroucher. Et puis, pas besoin de moule-burnes pour admirer les lieux, bon sang!


Austin, sa skyline et son boardwalk sur le Lady Bird Lake
Austin, t'es trop belle. Tu m'as même rendu jalouse quand l'Homme y a fait une excursion sans moi, avec les copains français, au printemps. T'es belle, t'es cool, tes habitants sont jeunes, ouverts, progressistes. On m'avait dit du mal de toi avant notre première rencontre. On m'avait dit: "Tu verras, Austin, c'est une ville de crève-la-faim. Ils crèvent tellement la faim là-bas, que le gouvernement a du inventer une sécurité sociale juste pour eux." Ou bien:" Austin? T'y vas pour faire tes études. Alors tu trouves un petit boulot, et puis ton petit boulot devient ton boulot et tu finis jamais tes études."
Tu verras dans dix ans, Austin, tous ces cons qui ont la critique facile, tu leur en remontreras quand ils se battront pour venir vivre près de toi.

Mount Bonnell
Parce qu'Austin, elle est pas bête, elle vit au bord de l'eau pour se rafraichir au coeur de l'été texan. Des lacs à perte de vue, des rivières, des sources et le Mount Bonnell pour l'admirer, vu d'en haut.

Barton Springs à Austin
Et dans les sources, on s'y baigne. Une immense piscine à ciel ouvert, creusée dans la roche avec des petites écrevisses (protégées) au fond de l'eau fraîche (ça raffermit).


Zilker Park
Comment ça, si c'est le poumon d'Austin? Austin, c'est pas New York, les gars! On respire partout à Austin et pas que dans les parcs!

Parce que si t'as besoin de respirer, tu peux aller là:

Lady Bird Lake, Austin

 Là:



Ou là.


Et si tu m'écoutes, toi aussi, tu auras envie de dire I love you so much, Texas!


Mais oui, lecteur, je te love beaucoup toi aussi...


T'as noté le "partie 1" dans le titre?
Et oui, y'aura une partie 2. 
Bravo, t'es perspicace! Et impatient, j'en suis sûre...









vendredi 7 octobre 2016

The Wild Wild West

Il y avait une araignée, j'ai paniqué. Mais je pense qu'elle est morte maintenant.


Comme tu l’as peut-être vu si tu me suis sur les réseaux sociaux j’ai eu le plaisir de rencontrer la délicieuse Puss Caterpillar devant ma porte hier. Elle est surnommée la chenille «Toupee » (toupet), et présente une pilosité capillaire souvent moquée qui rappelle celle de Donald Trump. Cette adorable bestiole est la chenille la plus venimeuse des Etats Unis, j’étais donc enchantée de croiser son chemin. Vu son état végétatif de chenille, je savais qu’elle ne risquait pas de me sauter à la gorge et je comptais bien ne pas lui flatter le flanc car sous sa fourrure soyeuse se cachent des « dards » qui peuvent t’envoyer à l’hôpital dans d’atroces souffrances. 
Je me suis empressée de poster sa photo dans les associations pour la préservation des « rampants-piquants-volants-mordants-empalants » du Texas et du continent tout entier. Inutile de te préciser que son surnom a très vite déclenché l’hilarité de certains, qu’une joute verbale s’est engagée, que des suggestions d’extermination de la dite bête et de sa progéniture ont été proposées, tout cela menant à cette remarque du modérateur ce matin:

« Just a reminder....regardless of the resemblance the puss caterpillar has to the republican candidate for president's hair, please keep politics off The Hill...that goes for the democratic candidate, the current president and any other politics. »

(« Pour rappel… indépendamment de la ressemblance que cette chenille présente avec les cheveux du candidat républicain à la présidentielle, gardez la politique hors de ce site… cela s’applique aussi pour la candidate démocrate, le président actuel et tout autre politicien »)

La Puss caterpillar, tu la vois la ressemblance maintenant?


Malgré la proximité de Dallas et Fort Worth tu seras surement ravi d’apprendre que la vie sauvage est loin d’être exterminée dans ma région. Parles-en à ma copine A. de Dallas qui a trouvé un raton laveur qui siestait dans sa poubelle et une recluse sur son oreiller.  Pour ceux qui ignorent ce qu’est une recluse: c’est une araignée qui est généralement agressive, très venimeuse, et si tu te fais piquer, dis adieu à ton épiderme velouté, vu qu’une partie risque de se nécroser. Définitivement. 
 C’est au cours d’une balade au bord d’un lac que l’on a croisé THE serpent. Je ne suis pas une grande fan des serpents. Euphémisme. Les serpents me rendent hystériques.
Le truc était au bord du chemin. On était en train de ramasser du petit bois quand je l’ai vu nous observer. J’ignore si il était seul et ENORME ou accompagné, mais je me suis empressée de le prendre en photo, en tremblotant et en hurlant « Personne ne s’approche! » aux enfants. J’ai montré la photo à ma copine texane qui l’a identifié de suite  « un cottonmouth, et un beau ». La bouche de coton, c’est un serpent noir dont l’intérieur de la bouche est blanc. 




Inutile de préciser que si tu te fais mordre, on appelle un prêtre, inutile de déranger les pompiers. En plus, une étude a montré récemment qu’une morsure de Rattlesnake (serpent à sonnettes) soignée revient à 170000$. Donc, je te souhaite d’avoir de bonnes relations avec ton assurance, au moment où la secrétaire des urgences va appeler pour savoir quelle est ton niveau de prise en charge… « 25%? Bon ben on va rappeler le prêtre plutôt. »

Il faut quand même que je te raconte quelque chose à propos de cette amie texane. Elle n’a pas peur des serpents et récemment a publié une photo dans les réseaux sociaux d’un serpent monstrueux, bouche grande ouverte, qui soufflait et se contorsionnait dans l’allée de sa maison. Elle demandait si il était venimeux à ses amis pour savoir quoi en faire. Finalement, les réponses tardant à venir, la bête lui barrant le passage pour atteindre sa voiture a fini sa vie dans un coup de pelle bien ajusté.  



Dans le genre moins féroce, on a croisé des coyotes autour de la maison et même tout près de notre quartier. Ces pauvres bêtes se font déloger par les travaux de construction des centres commerciaux et errent donc à la nuit tombée autour des habitations. 


Les vautours noirs (ou black vultures) sont communs et se régalent d’écureuils écrasés. Les rapaces tournent en permanence dans le ciel, très haut mais ne perdent pas une miette de ce qui se passe sur le plancher des vaches. 
On a aussi assisté au snack d’un Red Tail Hawk à la sortie de l’école, déclenchant un attroupement et des cris d’admiration quand à la rapidité de l’oiseau à boulotter une cuisse d’écureuil.

L'heure du goûter


Des araignées jaunes exotiques mais inoffensives avec des talents artistiques indéniables.

La zipper spider

Il y a aussi des visiteurs nocturnes dont la frimousse te fait hésiter. Est-ce vraiment mignon? 

un opossum tout mignon?


L’opossum n’est pas la plus séduisante des bestioles mais je précise que l’animal n’est pas, contrairement à une idée reçue répandue aux Etats Unis, porteur de tous les maux de la Création. Il sait lutter contre la rage et ne déclare que très peu la maladie. Mes charmants voisins n’en ont que faire et leur jettent des pierres à chacun de leur passage dans le jardin. Pas vraiment une surprise quand ils t’expliquent que leur paternels tiraient à la 22 Long Rifle sur les tatous après avoir essayé de les déloger avec un club de golf. 
Je tiens à préciser que cela ne reflète en rien le comportement des Texans. 

Il y a aussi quelques alligators dans les lacs du coin et dans la Trinity River. Notamment un vieil alligator de 3 mètres de long, qui répondait au nom de Hollywood,  (surement parce qu’il avait les dents qui rayaient le parquet) qui a du être abattu au mois de Juillet. La pauvre bête, aveugle et vieillissante, (genre 30 ans, tout est relatif, ne paniquons pas!) avait tendance à se retrouver dans la Trinity River aux abords de la ville et à se cogner dans les piliers des ponts. 
Récemment une habitante de Houston a demandé une intervention pour reloger un alligator qui vivait dans son étang depuis plusieurs années. Raison invoquée: Il était menaçant envers ses enfants et son chien. Tu vois qu’il ne faut pas tirer de conclusion hâtive concernant les Texans. 


En allant plus à l'Ouest, il n’y a pas que les couchers de soleil qui sont remarquables: 

La grosseur des mygales

une mygale en vadrouille dans le Big Bend

Les Turkey vultures, 

Un vautour et ses couleurs chamarrées

les javelinas (genre cochon sauvage), les roadrunners (l’oiseau Bip-Bip), les daims, les bouquetins, et des fois des ours et des pumas. Il faut relativiser, la plupart des morts imputées à des animaux sauvages sont généralement des accidents de voiture. 

Alors, rassuré?

















lundi 26 septembre 2016

Once upon a time in Texas


 
Hico, Texas. Figée dans le temps.


La première fois que j’ai atterri sur le territoire américain, j’avais les larmes aux yeux, excitée de toucher du doigt un rêve, triste de réaliser que j’allais m’éloigner de ceux que j’aimais pour un moment. 
La tête dévissée pour tenter d’apercevoir des champs, des vaches ou des puits de pétrole par le hublot, je n’ai vu que le sol d’une platitude sidérante, recouvert de villes symétriques, de maisons identiques et d’autoroutes enchevêtrées. 
L’avion s’est posé et même si on était là juste pour un « touch and go » d’une semaine, je savais déjà que j’allais aimer ça. 

Aujourd’hui, je te raconte notre arrivée au Texas.

La société de l'Homme, grâce à laquelle nous sommes arrivés là, a fait les choses en grand. Elle ne nous a pas lâché dans la nature somme toute inhospitalière du Texas du jour au lendemain. C’est ainsi que nous avons débarqués un beau matin de Juin, à l’occasion de notre « Look and see trip », (à traduire par « va voir si ça te plait avant de couter un bras à la boite en déménagement-container transatlantique-emménagement ») en terre texane. 
Nous avons passé la majeure partie de la semaine à somnoler dans le truck de Barry. Barry, c’était l’agent immobilier chargé par la société de l’Homme de nous faire visiter un maximum de maisons en un minimum de temps. C’était la mi-Juin, il faisait chaud, les routes du coin étaient en travaux et on était en plein jet-lag.

Je passe sur le nombre de fois que l’un d’entre nous s’est endormi dans le gros truck cinq places de Barry, dodelinant de la tête, la bave aux lèvres, pour se réveiller en nage, dans les embouteillages, au son de la voix de Barry qui pestait contre son GPS et les légendaires bouchons de la Highway entre Fort Worth et Dallas. Barry était super cool. « Born and raised in Texas » (né et élevé au Texas), il avait un accent texan à couper au couteau et aimait bien faire des jeux de mots. Imagine le challenge. Assise à l’avant, luttant avec le sommeil et le vocabulaire nébuleux du Texan je ne comprenais jamais rien. Ce qui l’incita vers le milieu de la semaine à déclarer qu’il faisait sa dernière blague vu le manque de réactivité de l’audience.
Il a quand même trouvé le temps de me lâcher un « man’s got to do what a man’s got to do » (un homme doit faire ce qu’il a à faire) très John Wayne, en m’expliquant sa rencontre avec sa femme…

Ah, on en a vu des maisons. On en a vu dans un peu tous les genres, dans tous les coins du comté. Des petites avec des versets de la Bible imprimés au pochoir sur les murs du salon, des surprenantes avec piscine, salle de billard et salle de ciné, des moches disponibles et des grandes réservées. Pourtant, on n’était pas particulièrement difficile. On voulait une maison où poser nos valises, reconstruire un nid, où l’on pourrait être heureux. 
De préférence, de plain-pied. Point. 

Photo volée par Mimie, 9ans.


L’influence de l’altitude je suppose, on planait toujours à 10000. C’est Barry qui s’est chargé de nous rappeler qu’il y avait un critère imparable à prendre en compte: 
La qualité du district scolaire.

On a donc d’abord tourné autour de la Dallas International School, au nord de Dallas, où l’on retrouverait pas mal de la communauté française. Pour plusieurs raisons qui nous sont personnelles, (mais pas secrètes, suffit de demander) nous avons finalement décidé de ne pas y inscrire les enfants. 
On trouvait une immersion totale chez les autochtones tellement plus excitante. Rendez-vous en terre inconnue au Texas, une plongée au milieu des stades géants, des églises de toutes confessions, des ranchs, des prairies, et des longhorns sur la route du supermarché.
On a donc continué nos visites.
Et il y a eu celle pour laquelle j’aurais tout donné. 
L’annonce disait « animaux domestiques interdits, chevaux acceptés »
Je te parlerais bien du jardin sauf qu’il s’agissait pas d’un jardin, c’était une prairie. Et puis, il ne s’agissait pas d’une maison, c’était un ranch. 
On est resté un long moment à l’intérieur, je me projetais à mort. J’en étais mentalement à choisir la couleur des rideaux quand on est sorti admirer la prairie où iraient s’ébattre nos hypothétiques mustangs.
C’est là qu’un avion est passé, le train d’atterrissage a brossé la cime des arbres, la petite a eu peur, nos cerveaux ont fondu dans le bruit, on a attendu cinq minutes avant de pouvoir s’entendre dire, « finalement, c’est non ».
On a donc repris la recherche. 
On casait les visites immobilières entre le rodéo, les dégustations de brisket, les cadeaux à ramener à la famille et aux copains, la traversée de Dallas, la visite de Fort Worth. On en prenait plein les yeux. On commençait à comprendre que malgré nos doutes et nos appréhensions, on pourrait passer un moment agréable dans les parages.

La semaine s’est finalement achevée sur un sentiment d’échec. On repartait en France bredouille. Barry nous a encouragé à envoyer  notre dossier pour une jolie maison qui nous plaisait bien, à mi-chemin entre Dallas et Fort Worth, chouettes écoles, résidences proprettes et calmes. On n'y croyait pas vraiment, nous étions sur liste d’attente. 
Mais c’était sans compter sur l’étonnante M., celle qui est aujourd’hui notre proprio. 

C'est nous qu'elle a choisi. Les français. Et nous répète à chacun de nos échanges qu'elle ne l'a jamais regretté.