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jeudi 11 février 2016

Cantine, obésité et lunch box (partie 2)


A notre arrivée au Texas, j’ai eu l’impression d’entrer dans le dessin animé « Wall-E ». Beaucoup de personnes en surpoids qui ne savent se déplacer qu’accompagnées d’un tonneau de soda, et qui conduisent allongées, parce qu’il n’y a pas assez de place dans la voiture, une main sur le soda l’autre dans le paquet de chips.
Un copain canadien nous a dit récemment:  « Tu sais, aux US, on ne vieillit pas comme en Europe. Compare une personne de 60 ans en Amérique du Nord avec un européen de 60 ans, c’est incroyable. » 
Comment pourrait-il en être autrement? 
Est-ce que tu sais qu’il y a des chaises roulantes électriques en libre service à l’entrée des supermarchés? 
La plupart du temps elles ne sont pas utilisées par des personnes handicapées, elles sont utilisées par des personnes atteintes d’obésité morbide qui ne peuvent plus se déplacer. Et ce n’est pas de l’eau qui déborde de leur caddie, crois-moi!

De même, à l’école de ma fille, un jeune papa vient en voiture chercher son fils, avec une chaise roulante électrique, accrochée à l’arrière de son pick-up. J’ai pensé à un vétéran. Pas du tout! Il s’est garé sur une place handicapée, est sorti en marchant de sa voiture, a attrapé sa chaise roulante, s’est installé dedans et roulez jeunesse!
Il souffrait d’obésité à un stade dramatique et ne pouvait clairement pas tenir sur ses genoux bien longtemps.

Une de mes bonnes amies m’a avoué récemment avoir été « very chubby» (potelée). Elle m’a expliqué qu’un jour elle avait eu un déclic, avait décidé de se nourrir «comme une française » et s’était mise au sport. Toute sa famille souffre d’obésité, elle fait exception. Elle cuisine, y prend plaisir et enseigne à ses filles comment vivre une vie saine. 
Tu as noté le « comme une française »? 

La cuisine du Sud des Etats Unis est très riche et très grasse. La friture est omniprésente, et la mention « ne mange pas trop salé, pas trop sucré et pas trop gras» ferait s’étouffer de rire sur leurs chips des gamins devant leur télé.
A chacune de nos sorties, si il y a bien une chose à propos de laquelle je ne m’inquiète jamais, c’est la nourriture. Je n’ai pas dit que c’étaient des sorties gastronomiques, loin de là!

Tacos
Tacos au fromage, brisket et pico de gallo: une tuerie!


Je dis qu’il y a de quoi remplir des estomacs affamés au milieu du désert en Arizona, ou en rase campagne dans le Sud Texan. N’importe quel jour de  l’année. Si je me souviens bien, un dimanche sur les routes de France, à 15h, c’est loin d’être aussi commode!

A notre retour de Taos, au Nouveau Mexique, pour le week end de Thanksgiving: il neigeait, les routes étaient verglacées, on avait 12 heures de route à avaler. Lorsque le petit déjeuner bio dégotté à la sortie de la station nous a semblé un lointain souvenir, on a dû se contenter de chaussons aux pommes chimiques et de bouteilles d’eau « purifiée » achetés en faisant le plein, proposés entre les « corn dog » et les chips.  
Tu ne veux pas savoir ce qu’est un corn dog, crois-moi. 
Tu insistes?
J’ai investigué, j’ai goûté et j’ai des remontées acides rien que d’y repenser. Une saucisse plantée sur un bâton trempé dans la pâte à frire et frite. 
Faut aimer l’huile!

Corn dog
Corn dog



Si tu n’es pas convaincu et que tu trouves que je fais ma fine bouche, non seulement, j’ai peur pour tes artères mais en plus sache que neuf des dix états possédant les plus hauts taux d’obésité sont situés dans le Sud. Au niveau national, le Texas est classé 15e. Les populations les plus pauvres sont les plus touchées, de même que les populations afro-américaines et hispanos. En moyenne, de 2 à 19 ans, un enfant sur trois est obèse…

Je te parle des hormones, des antibios, des OGM? Je te raconte qu’une grande majorité des petites filles de 10 ans ici, a déjà vu avec bonheur la puberté lui tomber dessus?
A 10 ans, les gamines sont aussi grandes que moi, ont les seins que je n’aurai jamais et les garçons n’en parlons même pas. A cet âge-là, si ils parlent de jouer au docteur, crois-moi, ce n’est pas au Docteur Maboul…

L’un des sujets qui revient le plus souvent quand deux expats français se croisent, c’est la bouffe!
Ils se refilent au détour d’une conversation les bonnes adresses pour trouver LE saucisson qui fait illusion sans risquer sa liberté à la douane, une galette des rois digne de ce nom, le vin français à des prix défiants toute concurrence et autres victuailles pour festoyer dans le bonheur. 
Lorsque je fais mes courses, je dois malheureusement visiter plusieurs supermarchés: 
Celui où le pain est bon, celui où les fruits et légumes sont frais et bios, celui où la viande est « grass-fed » (nourri à l’herbe), celui où les poulets ont couru le plus loin et celui où je trouve du poisson l'oeil vif et clair.
Si je te raconte que le vin et les alcools forts s’achètent dans des supermarchés spécialisés, tu imagines le temps perdu. 

Combien de fois ai-je vu passer des articles sur les réseaux sociaux du genre: 
Que ramenez-vous de France? 
Qu’est ce qui vous manque le plus en Amérique?
Nous les Français, sommes malgré de nouvelles habitudes alimentaires peu recommandables, de fines bouches et notre tradition gastronomique nous suit finalement partout. Y a-t-il quelque chose qui m’agace plus que de voir des réactions de joie à l’annonce de l’ouverture d’un fast food dans ma région d’origine. 
Je n’ai rien contre les hamburgers et je repense même avec émotion à mon premier hamburger. Fait maison par une copine d’école, j’avais 15 ans. Elle a fait revenir des oignons, tranché des tomates juteuses, essoré de la salade verte, envoyé grésiller un steak hâché au fond d’une poêle et l’odeur qui s’échappait de la cuisine me taquine encore les narines… 

Pour en revenir à l’école et à son rôle dans l’éducation alimentaire des enfants, Vendredi, c’est Valentine’s Day Party à l’école de ma fille. Je suis volontaire pour aider la maîtresse et acheter quelques snacks. J’ai proposé des fruits et des pretzels. La maîtresse m’a demandé de m’en tenir à la liste: -chips et Cheetos. O joie!
On est super loin de la petite école de mon quartier Aixois où la directrice râlait quand une maman avait le malheur d’amener un gâteau qui n’était pas fait maison, pour fêter un anniversaire. Finalement, j’y repense avec nostalgie. Après tout, nous sommes français, tous des chefs potentiels aux yeux des américains, il y a un standard à tenir, non?






mercredi 10 février 2016

Cantine, obésité et lunch box (partie 1)





Je te répète souvent combien le Texas, c’est chouette. Aujourd’hui, j’ai décidé de parler d’un sujet sur lequel je me tais depuis trois ans et demi.
Trois ans et demi que je cherche comment aborder le sujet. Trois ans et demi que je peste quasi tous les matins. Trois ans et demi que je me demande comment je vais tenir un jour de plus. 
Ça risque de tenir du roman fleuve; aujourd’hui, je te parle cantine, obésité et lunch box.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de ce concept, plus communément appelé dans ma tête,  "la putain de lunch box" il s’agit de préparer:
1- un repas appétissant, 
2- qui s'accorde aux goûts  alimentaires compliqués de ta descendance (made in France, ce qui a son importance sinon EVIDEMMENT que je leur refourguerais un "peanut butter jam" PBJ pour les intimes), 
3- qui n'a pas besoin d'un micro-ondes ni d'un couteau pour être dégusté (Malheureux! Et puis pourquoi pas un pique à glace?), 
4- qui est encadré de deux petits glaçons bleus, 
5- dans un joli petit sac à l’effigie de Hello Kitty pour ton enfant qui, par goût personnel ou par clairvoyance maternelle, se refuse à manger à la cafétéria de l’école. 
Au cours de notre première année texane, j’ai assisté aux repas de mes enfants tous les jours pendant un mois à la cafétéria. Ça aussi, c’était nouveau. Essaye un peu en France de taper l’incruste dans la cantine pour tenir compagnie à ton gosse pendant le repas de midi, et n’hésite pas à me raconter ton expérience en commentaire, hashtag « émeuteàlacantine ».

Ici, point d’émeute. Comme d’habitude, tout est parfaitement chorégraphié.
Les maîtresses encadrent les élèves et mangent en même temps qu’eux, épluchant une orange ici, ouvrant une brick de lait là.
Les enfants rentrent à la queue leu leu dans la cafet’, se dirigent vers le côté du comptoir qui leur est attribué et ils attendent en ordre dans un léger brouhaha, leur tour. 
Oui, un léger brouhaha.
Un feu de circulation est installé sur le mur, et il se doit d’être au vert. Si il clignote, les enfants doivent comprendre d’eux-mêmes qu’ils sont trop bruyants. Si ça passe au rouge, les maîtresses interviennent. J’t’explique parce que ça vaut le coup d’oeil.
Les maîtresses lèvent une main en l’air, en faisant un 0 avec leurs doigts, sans rien dire. Les enfants, ceux qui sont attentifs, répètent le geste et les autres qui bavassaient avec leur voisins ou faisaient carrément les cons- ce sont des enfants pas des zombies non plus- comprennent le message et au fur et à mesure, le silence s’impose. 
Il arrive, en début d’année, que les maitresses fassent usage d’un autre truc: elles mettent deux doigts sur leur gorge et expliquent aux enfants que si ils en font autant, ils sauront à quel moment ils parlent trop fort. Si ils sentent une vibration sous leurs doigts, c’est trop fort.

Tout ça, ça marche jusqu’à 10 ans. Je ne te cache pas que les 6e grades n’en ont -comment dire ça de façon imagée et réaliste?- oui, voilà: rien à péter et mon fils s’est plaint plus d’une fois que la classe s’était fait sucrer la récré pour cause de bordel dans la cantine.

En tout cas, ça fait quand même son petit effet quand tu es habituée à une maîtresse française qui hurle beaucoup. Je me souviens de ce jour en France où j’ai accompagné la classe à la piscine avec une autre maman. La maîtresse trouvait que les enfants étaient trop dissipés (rétrospectivement, à peine un feu orange) et avait trouvé bon de hurler que les deux mamans accompagnatrices s’étaient plaintes de leur manque de discipline (QUOI?). Et pour la première fois de ma vie et la dernière j’espère, j’ai entendu un gamin de huit ans me dire « je t’emmerde, madame » dans les vestiaires. 

Mais je digresse une fois de plus. 

Mes deux enfants ne parlant pas un mot d’anglais et la plus jeune n’étant pas habituée à manger ailleurs qu’à la maison, je n’allais pas leur faire ce coup-là. Ils en avaient déjà assez gros sur la patate en ayant quitté leurs potes, leurs familles, leurs instits, leur appart, leurs habitudes, sans que j’en rajoute une couche, du genre :
« -Ah ben non, maman ne vient pas à midi, maman a un blog à écrire. »
J’ai donc fait l’aller et retour deux fois par jour entre l’école et la maison pendant le premier mois, apportant religieusement la lunch box telle la petite maman mésange déposant la becquée à ses petits dans le nid douillet. Avec amour.

Tu parles.
La première année, mes enfants étaient dans la même école. C’était pratique. 
Bon, en fait, non. Ma fille en 1e année, mangeait à 10h30. Oui, le repas de midi. Du moins son repas de la mi-journée, parce que pour le coup on était loin de midi. Mon fils, lui, mangeait 3/4 d’heure plus tard. Les enfants se présentent par niveaux dans la cafétéria qui ne serait pas assez grande pour contenir toute l'école en une ou deux fois.
Je zonais donc dans le couloir, en attendant l’arrivée de ma progéniture. 
Ce qui était vraiment pratique, c’est que lors de notre première année passée ici, la cantine proposait deux ou trois repas par semaine qui étaient susceptibles de plaire à mes deux petits français: La baked potato (la pomme de terre en robe des champs), les spaghettis et la pizza.
Au fil de ces trois années, les menus ont évolué. Les pommes de terre et les spaghetti ont quasi disparu des menus, remplacés par des repas calamiteux. Note la persistance de la pizza. Je vais y revenir.

C’est le moment pour moi de te rappeler que les First Ladies américaines choisissent un cheval de bataille lorsque leur mari arrive au pouvoir. 
Celui de Michelle O., c’est l’obésité infantile. Elle a donc installé un potager dans le jardin de la Maison Blanche, histoire de rappeler que les légumes et les fruits sont comestibles même si ils poussent dans la terre.
Elle a aussi payé de sa personne. Elle a dansé et bougé sur les plateaux télés pour promouvoir son action. Ce qui lui a valu de s’entendre dire par un gentleman:  « She needs to drop a few ». ("Elle a besoin de perdre un peu".)

Ma pauvre Michelle, je te le dis officiellement: «  Tout ça -le potager, la danse et les humiliations- n’a servi à rien. »
Dans un pays qui compte la pizza comme un légume à la cantine, comment peut-on lutter?
Comment peut-on habituer des enfants à manger équilibré lorsqu’à la cantine de leur école, on leur propose:






Disons que j’ai huit ans et que je mange deux repas à l’école par jour:
Lundi, au petit déj’, j’ai donc mangé du poulet servi avec des gaufres (no comment) parce que les céréales, c’est moins fun. 
A midi, j’ai vu la pizza, et je me suis dit, « Tiens, je vais prendre le légume ». Le soir, comme mes parents sont rentrés tard, ils ont acheté des hamburgers sur la route. 
Mardi, j’étais ravie, il y avait une pizza au petit déj'. C’est maman qui va être contente quand je vais lui dire que j’ai mangé des légumes deux fois dans la semaine. A midi, j’ai choisi les nuggets de poulet. Comme je n’ai jamais vu la vidéo qui explique comment on fait des nuggets de poulet sans poulet,  je me suis régalée… 


Sois patient, demain, promis je rentre dans le vif du sujet...









samedi 17 octobre 2015

Masterchef


Port Aransas est à huit heures de route de Dallas, c'est la seule ville de Mustang Island. On y trouve des crabes peureux qui se réfugient dans des trous au moindre mouvement. On y voit des dauphins s'ébattre en liberté. Des oiseaux de toutes formes et de toutes grosseurs: des petits qui courent vite, des gros qui volent en groupe, des solitaires qui pêchent les pattes dans l'eau, immobiles pendant des heures. 
Le seul détail qui manque à ce paradis terrestre, c'est de la nourriture comestible.

Séquence je me plains:

Le soir de notre arrivée, nous avons voté à l'unanimité qu'une pizza ferait bien l'affaire.
Ni une ni deux, au vu des critiques des gastronomes du coin la Pizzeria que nous nommerons X fera l'affaire.
Nous pénétrons donc dans l'endroit. Je me refuse à le nommer resto.
Après avoir poussé deux double-portes, nous voilà face à la caisse. Oui, la caisse, comme la caisse pour payer.
C'est courant aux Etats-Unis. Et malheureusement mauvais signe. Genre, paye avant, parce qu'après le repas, c'est pas sûr que t'acceptes.
Tu m'étonnes...

Pour bien visualiser la scène, tu t'imagines une sorte de salle dont le sol est jonché de papiers gras et de morceaux de pizzas à demi-mangées, des banquettes rouges et grasses et des nettoyeurs de salle désespérés.
Si tu ne vois pas ce que j'entends par nettoyeur de salle, j't'explique. Il s'agit généralement d'une personne qui déambule dans la salle, l'air hagard, armée d'une table à desservir à roulettes ( j'ai googuélisé le terme pour une plus grande précision) sur laquelle trône généralement une bassine remplie d'eau sale qui fait floc-floc à chaque tour de roue et où sont entassées les assiettes sales.

Généralement, tu évites ce genre de bouges infâmes. On n'est pas masochistes, si on peut éviter une hépathite ou un ténia d'ici le retour à la maison, on le fait. Mais des fois... et oui, des fois, si il est tard, que ta progéniture chouine qu'elle a faim, si tu ne trouves aucun resto décent ouvert, si tu te refuses à avaler la moindre nourriture provenant d'un fast-food, tu rends les armes et pousse la porte d'un endroit de merde, en te réconfortant de la seule façon pitoyable qu'il te reste: dis-toi que la cuisson tue la plupart des bactéries.
Que celui qui n'a jamais poussé la porte d'un bouis-bouis  me jette la première fourchette sale.

Tiens ça me rappelle, sur la Route 66, un troquet recommandé par le Routard où les glaces étaient soit-disant à se damner.
Notre fils n'a jamais voulu s'approcher de la table sur la terrasse: "Elle colle autant que le banc" qu'il disait! Il nous regardait manger nos glaces avec un air tellement dégoûté qu'on a eu du mal à finir nos milk- shakes sans vomir, dis donc!

Bref, tu passes donc par la caisse, payes un montant bien trop élevé pour ce que tu t'apprêtes à ingurgiter. Pendant ce temps tu te mets en condition et répètes en boucle le mantra:  "Je me nourris, je ne mange pas, je me nourris, je ne mange pas..."
C'est là que l'Homme s'est retourné vers moi et a dit, je le cite, c'est merveilleux d'optimisme ( ou de mauvaise foi) : "Ça va aller".
Comme quand le neurochirurgien se penche sur son patient au moment de l'anesthésie, lui tapote le drap vert et lui dit "ça va aller". En général, c'est comme payer avant le repas, c'est mauvais signe.

A ce stade, je fais déjà la gueule.
C'est alors que mes yeux tombent sur la rangée de pizzas en libre-service sous les lumières pour les garder au chaud et je me souviens avoir pensé: "Une mama italienne pourrait s'ouvrir les veines ici".
Mais la cerise n'a pas encore écrabouillé le gâteau. Elle prend la forme d'un petit garçon qui se sert quelques parts de "pizza" avec les doigts et ... la bouche, mais oui! Et tire sur le fromage avec la bouche, produit un grand fil de fromage ou de plastique, je ne sais plus, jusqu'à ce que: "BAM!" comme dirait mon fils, le fromage se coupe brusquement et retombe dans le plat commun sous nos yeux révulsés, oui, parce qu'à ce stade, tu vomis plus, tu crèves de dégoût sur le carreau au milieu des serviettes sales et des bouts de pizzas prémâchées.

J'attends donc qu'un des serveurs sous-payés et sous-motivés dépose une nouvelle pizza pour servir ma fille qui regarde son assiette.
Je pose l'assiette sur la table devant elle, je découvre qu'elle a les larmes aux yeux. Cette putain de pizza est tellement moche que ma fille en chiale!
Non, mais, tu visualises l'affaire?
Et là, je ne peux pas m'en empêcher, je lui dis: "ça se voit que t'as pas fait la guerre!", histoire de détendre l'atmosphère.
On s'est mis à rire, ça devait être nerveux. J'ai sorti mon téléphone et relu une des critiques à voix haute, postée sur le fameux site qui te "conseille des voyages" ( là je te fais un gros clin d'oeil parce que tu as deviné que je parle de Tripadvisor), parce que c'était la bonne façon de finir ce "repas".

Je la traduis et je la partage avec toi parce que je la trouve infiniment drôle:
"La pizzeria X, c'est devenu au fil du temps le resto familial où nous célébrons notre premier repas des vacances sur l'île, tous les ans. Leurs pizzas sont fantastiques et leur salad-bar est incroyable".

A chaque fois que je lis cette critique, je ris.

Sois rassuré, le jour suivant, nous avons quitté l'île et tiré jusqu'à Corpus Christi pour faire un petit dîner au poil. Je ne suis pas sûre que parler de poil soit très heureux dans cet article.
Pardon.