samedi 20 juin 2015

Austin, Houston, le Capitole, des lois, des armes et des morts...


Pour la première fois nous sommes allés visiter LA capitale du Texas, Austin.
Pour moi Austin, quand j'étais petite, c'était le nom de famille de Steve, le cosmonaute borgne un peu bling bling des années 80. Quelle découverte donc d'apprendre qu'il s'agit surtout de la capitale du Texas.
Comme tu le sais depuis que j'ai potassé l'Histoire du Texas, je suis intarissable sur le sujet, et en plus je suis bavarde.
Tu as ma permission pour sauter directement au prochain paragraphe si tu ne veux vraiment pas te cultiver un peu et briller en société...

En 1836, le Texas proclame son indépendance suite à la guerre contre Santa Anna, que je t'ai déjà raconté là. Le premier président élu est Sam Houston.

Sam

A la maison, on l'aime bien.
Sam a passé beaucoup de temps dans une tribu Cherokee dans le Tennessee, il a appris la langue et a même été adopté par le chef de la tribu.
Il est le seul gouverneur d'un futur état confédéré à rejeter la proposition de faire sécession.
Autre chose, Sam ne suce pas que des glaçons et ça n'a pas toujours joué en sa faveur...
Bref, il décide d'installer la capitale à Houston, (on n'est jamais si bien servi que par soi-même) alors que l'emplacement n'est pas très judicieux. La ville est près de la mer, et les moustiques pullulent dans les marais, et qui dit moustiques dit maladies...

Sam ne peut se présenter pour un 2 ème mandat, c'est Lamar qui prend sa place (celui-là a beaucoup moins nos faveurs) et ce dernier s'empresse de déplacer la capitale, Houston, vers Austin du nom de Stephen Austin, héros texan, le Père du Texas. Austin est situé près des territoires indiens et est difficile à réapprovisionner.
Ça devait aussi clairement lui arracher la bouche, à Lamar, de dire "Chérie, je vais à Houston pour le week end.". Sinon, sa politique concernant les Indiens est claire: au moins il y en a, au mieux il se porte...
En attendant, la dette du pays est colossale, les guerres enfoncent la petite République. Lamar, ne fait rien pour l'endiguer. Outre se débarrasser des Indiens, il soutient l'indépendance du Texas contre vents et marées et l'expansion du Texas vers l'Ouest...

Sam est finalement réélu après Lamar, il affirme que le Texas, noyé dans les dettes, ne peut pas s'en sortir seul et doit rallier les Etats-Unis.
Il va aussi bêtement tenter de ramener la capitale à Houston...
Les Comanches ont attaqué à plusieurs reprises Austin et les fervents défenseur de Houston pour capitale s'en servent pour stimuler l'opinion.
En 1842, après une brêve incursion des Mexicains en territoire Texan, Houston va saisir l'opportunité et faire charger toutes les archives dans des chariots pour les ramener à Houston, au nez du congrès qui a clairement statué contre!
Toutes les archives sont sur le départ, lorsqu' Angelina Eberly, une habitante d'Austin avec un tempérament de feu, sort de chez elle et se dirige vers un canon placé non loin de là et tire à plusieurs reprises sur les hommes de Sam, en train de déménager!
Les hommes de Houston s'enfuient et les archives sont installées définitivement à Austin...



Donc Austin, est la capitale du Texas, et aujourd'hui, crois-moi, on peut y aller pour le week end, sereins et décontractés, la seule chose qui puisse t'arriver, c'est un coup de soleil!

La façade du Capitole orné des 6 drapeaux ayant flotté sur le Texas




L'Histoire du Texas en sculpture

Vu d'en haut, sous la coupole, les 6 drapeaux, tu les reconnais tous?
La France (les fleurs de lys), l'Espagne. la République du Texas, les Etats Confédérés d'Amérique et les Etats Unis.

Le capitole est superbe et mérite le détour. On l'a visité un dimanche et surprise!





Les sénateurs étaient en pleine session, accompagnés pour certains de leurs rejetons endimanchés en train de dessiner ou pianoter sur leurs tablettes.
La question débattue va te faire dresser les cheveux sur la tête puisqu'ils discutaient de passer une loi permettant de porter des armes sur les campus.
Les panneaux d'affichage sur les côtés portent le nom des sénateurs et permettent le comptage des votes.
Tu seras enchanté d'apprendre que la majorité a voté oui et que dorénavant, les élèves et les profs pourront se rendre en cours, armés, pour pouvoir se défendre au cas ou un fou dangereux ferait irruption. Evidemment, il est tout à fait improbable et ridicule d'imaginer qu'un prof en plein burn out, un élève revanchard mal noté ou le coeur brisé par sa chérie en profite pour décharger son arme automatique en plein cours...

Il y a deux jours, un fou a ouvert le feu dans une église de Charleston, une jolie ville de Caroline du sud, que nous avons visité l'année dernière.

Selon Charles Cotton de la NRA, la faute en incombe au pasteur qui refusait le port d'armes dans son église. "Ces innocents sont morts à cause de sa prise de position dans un problème politique".
"Eight of his church members who might be alive if he had expressly allowed members to carry handguns in church are dead. Innocent people died because of his position on a political issue.”

Obama a pris la parole, déplorant qu'il devait le faire bien trop souvent à son goût pour ce genre de raisons.

"At some point, we as a country will have to reckon with the fact that this type of mass violence does not happen in other advanced countries. It doesn’t happen in other places with this kind of frequency. And it is in our power to do something about it.”

Comme aurait dit Hamlet, "il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark"


Un peu d'histoire (suite)


C'est en visitant l'Ouest que l'histoire du Texas nous a sauté aux yeux. Certaines villes et certains paysages sont fixés dans le temps.

Le diner de Fort Davis, très années 50.

La banque de Fort Davis, sur la rue principale.

Un moulin à vent ici, une vieille banque là, on a visité un vieux fort, le Fort Davis, dont il ne reste pratiquement rien aujourd'hui, mais on a appris l'origine des Buffalo Soldiers, et oui, ceux que célébrait Bob Marley!
Il s'agit des régiments uniquement composés de Noirs qui construisaient les forts, les avant-postes, les routes, utilisés par les familles qui partaient vers l'Ouest.
Suite à la guerre de Sécession, le gouvernement autorise la création de régiments, uniquement composés d'Afro-Américains, des régiments de cavalerie et d'infanterie.
Ce surnom leur a été donné par les indiens en rapport avec leur chevelure noire comme la fourrure des bisons mais aussi pour leur courage et leur ténacité dans la bataille. Souvent menés par des officiers blancs, ils ont gagné leur liberté en combattant pendant les guerres indiennes...
Quelle époque délicieuse!
Quand je te disais que l'Histoire du Texas valait bien la sauvagerie de notre propre Histoire.



Puis on a visité des maisons où vivaient des familles de pionniers, qui quittaient l'Est du pays et décidaient de gagner ces terres où ils avaient l'impression que tout était  possible.
En plein désert de rocailles aux pieds des Guadalupe Mountains, je me suis demandée plus d'une fois comment les femmes survivaient: elles élevaient leurs enfants loin de tout, dans des températures extrêmes, loin de la ville, sans eau courante, sans voisinage.
Pas de place pour la faiblesse.
Dans ce décor, une famille s'y est établie et une fois par semaine, les parents et les enfants cheminaient toute la nuit pour aller vendre leurs produits sur le marché.


Evidemment, on peut se dire qu'en France, certains paysans en faisaient tout autant.
La grosse différence, ce sont les températures texanes, le danger de rencontrer serpents, renards et coyotes et/ou indiens agressifs.
Perso, je n'aurais pas tenu une minute.T'as gagné, Darwin! Je n'aurais pas survécu là-bas: Un bébé malade en plein centre ville et je paniquais, alors au fin fond du Texas...

Le manque d'eau est aussi un problème dans ces contrées reculées. On a souvent croisé ces petits moulins à vent:

Ils sont appelés "windmills", donc la traduction littérale de nos bons vieux moulins à vent, sauf qu'ici, ils sont petits, sont pourvus d'une "tail", le petit gouvernail qui s'oriente selon le vent, et surtout ils servent à pomper l'eau du sous-sol. Un bon moyen d'irriguer son champ et de créer des abreuvoirs pour son troupeau qui se promène sur des hectares de terre.

D'ailleurs, ces grosses bêtes profitent de l'espace qui leur est offert et ont tendance à se mélanger avec les vaches du voisin...
C'est à cette époque que le fil de fer barbelé fait son apparition, permettant aux ranchers de délimiter leurs terres, de protéger leurs bêtes, de protéger leurs champs.
Facile à installer, efficace: inventé en 1867, il révolutionne l'Ouest.

Un ranch à quelques minutes de Bedford

Encore aujourd'hui, lorsqu'on visite le Texas, on découvre ses ranchs immenses, protégés par du barbelé, des champs à perte de vue et des entrées de ranchs imposantes.










mercredi 17 juin 2015

Un peu d'histoire...

Coucher de Soleil sur l'Ouest du Texas entre Alpine et Marfa...

Il fait chaud dehors, la clim et le chat ronronnent, c'est une bonne journée pour discuter un peu. Je vais essayer d'être claire et concise. Je vais essayer de suivre le conseil de John Wayne:  "Talk low, talk slow and don't say too much". (parle bas, parle doucement et n'en dis pas trop)

En 7ème grade, la 5ème en France, le cours d'histoire porte intégralement sur l'Histoire du Texas. Au début, évidemment, franchouillarde, j'ai râlé, trouvant que c'était un peu restrictif.
Comment ça? Les enfants vont se voir épargner les longues listes de rois sadiques et sournois dont les règnes ont jalonné l'histoire de France?
Et bien, finalement, le Texas a aussi son lot de joyeusetés historiques, massacres et trahisons, tu seras ravi de l'apprendre.

Tout a commencé au Texas dans ces immenses plaines où les couchers de soleil te révèlent chaque soir une nouvelle nuance de pourpre...
Les bisons y vivaient, bonnards, sur une chouette superficie qui ferait baver d'envie quelques agents immobiliers, qui s'étendait du Canada au Sud du Texas. Principale source de subsistance des tribus indiennes, ce petit monde se trouva bouleverser quand l'Homme blanc, notre ancêtre à tous, décida de faire main basse sur ces terres.
D'abord en chassant les bisons... jusqu'à l'extinction.

Un bon chasseur pouvait tuer plus de 60 bêtes en 2 heures.
Le gouvernement encourageait le massacre des bisons, persuadé que si la nourriture principale des indiens venaient à manquer, ces derniers finiraient par rejoindre les réserves. Le choix était simple, résister et mourir de faim ou plier et rejoindre les réserves...
Inutile de préciser qu'en quelques années, le "problème indien" a été réglé et les bisons sont devenus une espèce en voie de disparition.

Une fois, la menace indienne écartée, la place était faite pour que les nouveaux arrivants viennent s'installer et commencent l'élevage des vaches.
Pourquoi les vaches précisément vas-tu me dire?

Parce que le terrain s'y prêtait bien.
Le climat et la géographie du Texas étaient propices à l'élevage, et les pâturages semblaient s'étendre à l'infini.
Les ranchers Texans ont subi 2 influences, d'abord les ranchers venant des Etats Unis ont apporté avec eux les techniques des anglais: des troupeaux plus petits, derrière des barrières, et des gars à pied.
Petits joueurs les British...
Puis, influence espagnole en passant par le Mexique: des ranchers à cheval, qui travaillent avec des troupeaux en liberté, et des lassos...

Les Texans ont allié le meilleur des deux et créé leur style propre... le style sexy.






mardi 21 avril 2015

On dirait le Sud...



Le Texas n'est pas dans l'inconscient collectif la destination la plus sexy d'Amérique. Il suffit de comparer le nombre de guides existants sur New York, San Francisco, les grands parcs de l'Ouest ou encore la Louisiane avec ceux sur le Texas.

Lorsque nous avons appris que notre expat était acceptée, à la question "et vous allez où alors?" les réponses n'étaient pas aussi emballées que si on avait répondu Los Angeles.
J'en ai entendu des blagues sur Dallas et son univers impitoyable, Sue Ellen et son apéro, mais c'est de bonne guerre. Finalement, si on se fie seulement à ce que l'on voit à la télé, et c'est bien connu la télé c'est comme internet, ça ne raconte que des vérités, le Texas ne gagne pas vraiment à être connu.

La peine de mort, le port d'armes, les milices anti avortement, les intégristes religieux et dans une moindre mesure, l'hostilité de la météo, et "la concentration de ploucs arriérés"... je ne l'invente pas, je l'ai entendu!

Je vais tenter de te convaincre que la réalité à laquelle je suis confrontée quotidiennement est différente.

Pour commencer, j'applique une règle qui m'est très précieuse, quand je suis reçue chez quelqu'un, j'évite de faire un esclandre et de donner mon avis alors que je ne connais encore rien de la culture ou de l'histoire de mon hôte. J'ai des opinions, je les garde pour moi, je les laisse évoluer au fil du temps et j'essaye de comprendre le point de vue de l'autre. 
Ça m'a bien servi quand nous avons visité l'Israel. Tu évites de ramener ta grande bouche de français qui vit au chaud et à l'abri pour donner des leçons de morale à des gens qui vivent avec un abri anti-aérien coincé entre la cuisine et la buanderie.
Ici, c'est pareil, j'aurais eu l'air ridicule de crier à tous les vents "c'est quoi ces gens qui tirent dans tous les sens avec leur gros calibre?" alors que je suis secrètement convaincue d'être la réincarnation de Calamity Jane.

Pour ce qui est de la religion, priez pour nous pauvres pêcheurs, nous ne sommes pas nombreux à ne pas nous rendre à une des paroisses du coin le week-end.
Ma voisine, l'année dernière, m'a proposé de nous emmener les enfants et moi à la messe de Pâques de sa paroisse, elle savait que j'étais seule, mon mari en déplacement, j'ai poliment refusé.
Et puis quoi encore? On y va QUE pour faire plaisir à ma belle-soeur, et elle, elle nous autorise à sortir boire un coup au café d'en face au bout d'une heure de messe pour nous récompenser.

De même, une de mes plus proches amies ici, est très "spirituelle":  en français, ça ne sonne pas bien, on croirait que j'ironise, mais c'est le mot qu'elle emploie pour parler de son attachement à la religion. Elle passe beaucoup de temps à sa paroisse et parle beaucoup de l'influence de Dieu dans sa vie.
Je ne pensais pas que nous pourrions être amie la première fois que je l'ai vu, elle m'impressionnait un peu et quand j'ai tenté de faire de l'humour en lui expliquant ce qu'était une grenouille de bénitier, elle n'a pas ri.
Je me suis aperçue qu'elle a un humour très pince sans rire et elle est, comme ils disent ici, "non judgmental", elle ne juge pas, est très sereine, très amusante et j'apprécie les moments passés avec elle.

Nos enfants ont eux, eu affaire à des coriaces. Dans la classe de la plus jeune, les élèves ont du former des équipes, "Team Jesus" a été proposé par un des gamins. Ce à quoi ma fille a répondu: "Hors de question, je ne veux pas être dans la Team Jesus!"
Quand je lui ai demandé quelle était sa raison, elle a dit qu'elle voulait être "les Fantastic Five".
Mon fils a lui aussi été questionné sur ses croyances et sa paroisse: "Je ne crois pas en Dieu", le gamin n'a pas accepté sa réponse et lui opposa un imparable "Qui est-ce qui t'a fait alors?"

Evidemment, en tant que française, je suis horrifiée par ce que je vois ou entends parfois, certaines lois, certains faits divers. Mais je crois qu'avant de claironner mes opinions auprès des Texans, je vais commencer par balayer devant ma porte.
Y a-t-il plus énervant que d'entendre des étrangers nous donner des leçons quand ils débarquent en France?
J'ai exprimé mon point de vue publiquement une seule fois depuis que nous sommes ici en signant une pétition concernant le background check (se pencher sur les dossiers criminels, financiers, etc...) des personnes achetant des armes à feu. C'était après la tuerie de l'école Sandy Hook. Je confie mes enfants tous les jours à l'école du District, même si je ne vote pas et ne suis pas une citoyenne américaine, j'ai ressenti le besoin de m'exprimer.

Il m'arrive d'intervenir sur certains forums pour répondre aux questions de futurs expats à Dallas. Je suis désespérée par la diarrhée verbale affligeante de certains intervenants habitant d'autres états, du genre:

"Le Texas c'est la religion protestante, accompagnée de sa mosaique de sectes protestantes diverses poussée a son extrême, mais c'est aussi les armes, le climat tropical, les immensités, le pétrole, les vaches, les exploitations agricoles gigantesques, les tornades.
Sinon il y des beaux coins a visiter. En général, les Européens qui y vont ni restent jamais très longtemps"

Après avoir décrypté le message du gars, j'ai compris qu'apparemment toute la première partie de la phrase est ce qui doit faire peur, donc, la religion protestante c'est comme les armes. Sans parler du climat "tropical", on se demande pourquoi les gens se payent des voyages sous les Tropiques; l'immensité, oui, ça craint, j'ai horreur de ça:


Les vaches.
Sérieux? 
Tout ça, classé, tiens toi bien avec les tornades. Je crois qu'on peut définitivement affirmer que Moise, son pharaon et ses sauterelles, c'était du pipeau à côté du Texas ET ses protestants ET ses vaches.
Et les Européens qui ne restent pas longtemps. Il n'a visiblement jamais foutu les pieds ici. 

Pour finir, je ne vais pas t'expliquer ce qui est bien ici, je vais juste te donner des indices:

-Si les gens continuent à s'installer dans l'état qui a le plus grand nombre de tornades par an, 153 en moyenne, c'est que ça vaut vraiment le coup d'oeil.

Port Aransas et Mustang Island au sud et ses éclosions de tortue,


l'ouest et son relief désertique tourmenté,


 le Palo Duro au Nord, le deuxième plus grand canyon des Etats Unis


et le Caddo Lake à l'est, le seul lac naturel du Texas qui est en plus un bayou...


-Que le Texas au printemps c'est un tapis de fleurs sauvages.


-Qu'au cours d'une balade à 5 minutes de chez moi, j'ai vu un tatou, un coyote, un joli raton laveur et un moccasin d'eau.

-Que tu peux admirer des Texas Longhorns, la seule race de vaches qui grâce à ses longues pattes a été capable d'endurer des marches de milliers de kilomètres, la rigueur de l'hiver Texan, la chaleur de l'été Texan, le manque de verdure et d'affronter des coyotes...

.
-Que la maire de Houston, réélue 3 fois, est ouvertement homosexuelle et vient de se marier à celle qui partage sa vie depuis 23 ans.

-En France, vous avez entendu parler de Ted Cruz sénateur du Texas, et de ses opinions, euh, tranchées... Oui, le Texas est républicain. On t'a dit que Houston, Austin et Dallas sont des villes démocrates?

-Et que pas moins de 6 nations ont planté leur drapeau au Texas, dont la France... et que le Texas est le seul état qui peut se targuer d'avoir été indépendant pendant près de dix ans.

Je pourrais te parler des couchers de soleil sur les plaines, du désert, des ranchs, des Dallas Cowboys, de l'accueil des Texans, du BBQ, sois patient, ça viendra...





jeudi 16 avril 2015

Liebster Awards

Nomination aux Liebster Awards



De quoi s'agit-il ? C'est une récompense virtuelle pour permettre de faire connaître des blogs nouveaux ou qui mériteraient d'être connus (et qui ne le sont pas assez !) autour de soi. Pour moi c'est la première fois et c'est Séverine du blog Expatriation and more, qui m'a gentiment invité à répondre à ses questions.

Il faut donc procéder ainsi :
- Écrire 11 choses sur soi
- Répondre aux 11 questions qu'a posé la personne qui vous a nommée
- Taguer 11 blogs et leur poser 11 questions (11?! ça c'est pas gagné!)
- Mettre le lien vers leur blog sur l'article
- Les tenir au courant de leur nomination
- Informer la personne qui vous a nominée que vous avez relevé le challenge !

11 choses à savoir sur moi :

1- J'aime cuisiner 
2- J'ai appris à tirer au 9mm depuis que j'habite au Texas
3- Je suis terrorisée par les serpents et les tornades
4- J'aime prendre des fleurs en photo et chercher leurs noms, pendant des jours si il le faut
5- J'adore lire
6- J'adore les grands espaces américains
7- J'aime regarder des séries 
8- Et reconnaître des endroits où nous sommes allés
9- Je déteste Scandal, je ne supporte pas l'héroine et son verre de gros rouge qui tache dès qu'elle est triste, ses collègues qui la vénèrent, et ce président qui ne pense pas beaucoup avec sa tête et qui picole trop.
10- J'aime la Country, et je suis la première surprise 
11- J'aime vivre au Texas mais mon coeur est en France

Les 11 questions de Séverine :

1- Pourquoi écris-tu un blog ?
Comme tous les blogueurs, je suppose: envie de partager, aimer écrire, garder une trace

2- Pourquoi ce nom pour ton blog ?
Ce sont des paroles d'Aznavour dans" Emmenez-moi": "Ils viennent du bout du monde apportant avec eux des idées vagabondes aux reflets de ciel bleu, de mirage"

3- Quel est ton parfum préféré ?
Le parfum de la garrigue en été

4- Quelle est ta plus belle qualité ?
Je crois que je suis tolérante

5- Quel est ton pire défaut ?
Je suis pessimiste 

6- Quel est ton sport préféré ?
Le baseball depuis que mon fils y joue! 

7- Quel pays voudrais-tu visiter ?
Norvège, Maroc, Grèce, Egypte, Italie encore et toujours!

8- Quelle est ta couleur préférée ?
Fuschia

9- Quelle est ton endroit préféré en France ?
La Mer Méditerranée

10- Vin blanc, rosé ou rouge ?
Blanc, liquoreux, français...

11- Salé ou sucré ?
Peu importe mais sans cannelle, ça changerait!

Les blogs que je nomine:


Les 11 questions que je leur pose, aidé du questionnaire de Pivot repris par James Lipton à l'Actor's Studio: (j'adore)

1- Quel est ton mot préféré?
2- Le mot que tu détestes le plus?
3- Qu'est ce qui te séduit artistiquement?
4- Qu'est ce qui te rebute artistiquement?
5- Ton gros mot favori?
6- Quel bruit ou son adores-tu?
7- Quel bruit ou son détestes-tu?
8- Quelle profession aurais-tu aimé exercer autre que la tienne?
9- Quelle profession refuserais-tu d'exercer?
10- Si le Paradis existe, que souhaiterais-tu que Dieu te dise à ton arrivée?


Je sais que vous risquez d'avoir déjà été sollicités, j'espère que vous serez malgré tout motivés pour répondre comme les stars chez James! Bon courage


mercredi 8 avril 2015

Tornado season, la saison des tornades


Il y a déjà 2 ans de ça, je te faisais part de mon inquiétude après avoir reçu un courrier de la principale de l'école. Elle nous expliquait les risques et les procédures en cas de tornades. A l'époque, je n'en menais pas large.
Je pourrais te dire que ces trois années m'ont permis de m'endurcir et que je relativise à mort (passe-moi l'expression). Je mentirais.
En vrai, cette année, le courrier a été émis par le " District Safety and Crisis Management".
Ça m'inquiète un peu.

Contrairement au courrier d'il y a 2 ans, il est écrit que lorsque la sirène aura retenti, on ne pourra plus pénétrer dans l'école, et qu'il faudra attendre la fin de l'alerte pour récupérer les enfants.
Juste pour mémoire, il y a 2 ans, une tornade de niveau 5, le niveau le plus élevé avait frappé la ville de Moore en Oklahoma. Elle avait rasé un hôpital et une école ainsi que des résidences avec des vents à 338km/h.
Au lendemain de ce jour noir, la région où nous vivons a été balayée par un mur d'orage en début d'après-midi. A midi, une de mes amies, originaire du Texas, (oui, c'est important: que moi, petite varoise je panique littéralement à la vue du premier grêlon s'explique et peut faire rire, qu'une texane "born and raised in Texas" qui a connu orages et tornades toute sa vie, panique et ME téléphone ça a son importance...) "qu'est ce que tu fais? Moi, je vais chercher les enfants, si ça dégénère je préfère être chez moi, on se mettra dans la baignoire".
Avant le coup de fil, j'essayais d'être calme et décontractée, tout en gardant un oeil sur la chaîne météo et l'autre sur mon téléphone, les oreilles aux aguets, au cas où la sirène retentirait. Mais ça, c'était avant.

Ce n'est pas compliqué, j'ai déjà eu des moments de gros stress auparavant, mais là...
J'ai donc suivi les recommandations des divers sites dédiés aux tornades.
J'ai pris une boîte résistante (c'est à dire "qui a vue de nez pourrait résister à un vol de quelques minutes à très haute altitude avec atterrissage forcé violent") et empiler nos passeports dedans et je l'ai mise dans le placard à manteaux, oui-oui, toujours le même et j'ai pris la direction de l'école.
Au cas où tu t'interrogerais sur l'intérêt de la boîte, j'ai lu sur le site du gouvernement pour les expats qu'il est judicieux d'agir ainsi, ça aide un peu quand, primo, on n'a plus rien, à part un empilement de planches dans "ce qui était autrefois ton jardin" et deuxio ça aide à savoir qui vivait dans le coin si y'a plus de voisins pour le dire...

C'est bien simple, mon coeur n'a jamais battu aussi fort aussi longtemps.
Quand je suis arrivée à l'école, c'était la panique. Les parents se bousculaient pour récupérer leurs enfants et s'enfuyaient à toute vitesse sous un ciel de plomb.
Là, j'ai rencontré une autre copine, qui elle, superzen m'a expliqué par A+B que l'on ne craignait absolument rien:
1- On vit au Nord de la Highway.
2- Bedford n'est pas plat et les tornades détestent ça (tu notes la personnification de la tornade, genre ce truc malfaisant a des sentiments).
3- Son mari pilote a pris la météo .
4- Au pire, et là, elle a baissé la voix et d'un air de conspiratrice m'a dit "ceux qui s'en sont sortis hier, ce sont ceux qui étaient accrochés sous la cuvette des toilettes avec les enfants dans les bras, la plomberie a tenu".

Là, j'étais un peu dépassée par les événements, alors je me suis assise dans le couloir devant le bureau de l'administration. Je devais faire une drôle de tête parce que la sous-directrice m'a emmené dans son bureau pour me demander si je voulais discuter.
Comme il était trop tard pour juger du bien-fondé de cette expat, j'ai dit oui.
Elle m'a expliqué qu'elle était de Chicago et qu'elle comprenait ce que je devais ressentir. Elle m'a aussi dit qu'à choisir entre être à la maison et être dans l'école, y'avait pas photo: le mur porteur de l'école est en béton, "vous avez vu comment sont construites les maisons ici?"

J'ai donc attendu la fin de l'alerte dans l'école avec les enfants, en me demandant pourquoi il n'y a pas de p... de caves dans ce pays.
Alors, si ça t'intéresse, sache que le sous-sol de cette partie du Texas est en grande partie constituée d'argile et que creuser des caves sous les maisons reviendrait très cher.
En Oklahoma, le maire de Moore affirmait vouloir faire voter une loi pour rendre les abris obligatoires. Jusqu'à présent, ces abris, qui coûtent quelques milliers de dollars ne sont pas obligatoires et 2000$ sont attribués aux propriétaires sur listes d'attente par système de loterie.

Je vais éviter de te décrire l'état post-panique dans lequel je me suis trouvée ce soir-là, quand le soleil est revenu. Mon corps a vraisemblablement fait une overdose d'adrénaline. Migraine, vomissements, tremblements...C'était pas joli-joli.

Qu'est ce qui a changé depuis ce jour-là et qui pourrait m'aider à positiver?
J'habite toujours au Nord de Bedford, et j'ai 3 salles de bains; j'ai toujours la boîte à passeports; j'ai un chat, il est pas bien gros, il tiendra dans la boîte; on a résilié notre abonnement à la chaîne météo; les enfants sont dans 2 écoles différentes, augmentant mes chances de trouver un pilier en béton dans un cabèche vide...

Sinon, le Texas, au printemps, c'est vraiment joli.


mardi 24 mars 2015

White Sands National Monument, Nouveau Mexique



White Sands National Monument se trouve au Nouveau Mexique, au nord-ouest des Guadalupe Mountains. La ville la plus proche est Alamogordo à 24 Kms. 
Une base "White Sands Missile Range" est installée tout près et il arrive que le parc soit fermé aux visiteurs lors des tirs de missile. La première bombe atomique a été testée ici en 1945. 
Mis à part ce léger inconvénient... nous avons eu un coup de coeur pour ce parc et il est en bonne place dans le top 5 des plus beaux endroits visités depuis trois ans.
Nous y sommes arrivés en milieu d'après-midi, en même temps qu'un orage très menaçant qui descendait des montagnes tout autour. 
En effet, White Sands est placé stratégiquement dans une cuvette, Tularosa Basin, et les dunes de sable blanc étincelant sont formées par le gypse des montagnes environnantes. Lors des pluies, le gypse descend dans les lacs ou l'érosion fait son travail et produit ce sable fin et blanc, qui s'envole et crée ces dunes étonnantes qui peuvent mesurer jusqu'à 18 mètres de haut, avec une superficie d'environ 71 hectares.

Plantes et animaux ont trouvé le moyen de s'adapter au milieu plutôt inhospitalier

La Sierra Blanca, couverte de neige, surplombe White Sands

Les nuages se sont amoncelés très rapidement au dessus de White Sands, à notre arrivée

L'orage a été de très courte durée

Le soleil est revenu très vite



Les Rangers offrent une visite au coucher du soleil, tous les soirs, pour expliquer aux visiteurs curieux la vie nocturne du parc. La faune et la flore se sont très bien adaptées au milieu, notamment les yuccas qui poussent vite, fleurissent vite et sont donc capables de survivre au déplacement des dunes, ou encore les lézards et les souris qui ont adoptés un camouflage blanc. 

Au petit matin, sous un ciel pur, nous sommes retournés dans White Sands et avons pu observer quelques traces:

Les empreintes d'une chenille
D'un lézard

là on sèche... Kit fox peut-être!?


Un petit 360 degrés pour finir...