jeudi 11 septembre 2014

Carie en anglais ça se dit cavity


Depuis deux ans que nous habitons ici, nous n'avons de cesse de nous étonner des dents parfaites des américains. Alignées, blanches, sans défaut, à chaque fois qu'on te décoche un sourire, c'est une pub ultrabrite.
Il y a quelques années, alors que je regardais Les Experts, je me suis étonnée d'une répartie du médecin légiste, penché au dessus du corps d'une macchabée dont l'identité restait à découvrir; il décrétait en effet quelque chose du genre: " au vu de sa dentition, on peut en déduire qu'elle vient d'Europe de l'Ouest"... et s'en suivait une description de la pauvre qualité de ses soins et de ses dents.
Je ne sais pas si je suis la seule à avoir été choquée mais bon, il faut bien avouer que les ventes de brosses à dents en France et de déos ne jouent pas en notre faveur.

Manque de chance, une seule remarque au détour d'une conversation dans l'année, sur un mec qui pue et qui ne prend pas vraisemblablement pas de douches régulières (par 40°C quotidien au Texas, pendant 3 mois, ça ne pardonne pas), et EVIDEMMENT, c'était un français...

De même, alors que je soulevais le problème de cette terrible réputation INFONDEE devant une assemblée de français expats, ils se sont quasi tous mis à rire en disant: "infondée, mouais..."

Tous ça pour en revenir au sujet de mon article:
L'hygiène bucco-dentaire américaine.

Grâce à mon immense dévotion et à mon abnégation et mon courage et la puissance de mon investigation dans la banlieue Dallasite et Bedfordienne, je suis en mesure de te révéler le secret.

Bon, en vrai, j'avais un mal aux dents qui me vrillait la molaire et une trouille à crever d'aller chez le dentiste et j'ai pleuré devant mon téléphone une semaine avant de me décider à prendre rendez-vous chez THE dentiste.

Le truc, c'est qu'après avoir écumé près de 20 dentistes autour de mon lieu de résidence en France et ce, depuis mon plus jeune âge, puis avoir cotoyée une orthodontiste psychopathe pendant 4 ans, (ma copine américaine n'en est toujours pas remise: "Quoi, 4 ans??!!" "oui, et bien sous mon physique de jouvencelle se cache l'âme d'une pionnière de l'orthodontie, et à l'époque c'était 4 ans" "OH MY GOD, you're old!"), je suis un peu traumatisée de la roulette.

Non, je ne donnerai pas de noms mais si tu veux, je vais te faire un petit topo rapide.

Il y a eu le dentiste sadique et pas du tout patient qui s'énervait parce que je n'ouvrais pas la bouche parce que j'étais terrorisée. J'étais petite. Toi, je ne sais pas où tu te terres, mais je te hais.
Il y a eu celui qui écoutait des chants grégoriens en te meulant la molaire et crois-moi, plutôt que de me décontracter, ça avait l'effet inverse, j'avais l'impression qu'il priait intérieurement pour le repos de mes canines.
Celui qui tremblait tellement que mon père disait que lors des anesthésies, il jouait aux fléchettes.
Celui qui avait une barbe et qui des fois, s'enrhumait... et tu savais qu'il était enrhumé au premier coup d'oeil...
Celui qui m'a soigné une carie et m'a fait gonfler la machoire, et pendant une semaine, alors que mon oedème passait du bleu au violet puis au jaune, j'ai du subir les interrogatoires de l'école genre :" Tu as des problèmes à la maison en ce moment?" ou encore mieux "Ton père t'a frappé?"
Bon, là, si tu ne connais pas mon père, c'est sûr, c'est pas drôle. Disons que mon père question éducation, c'est un peu le Dalaï Lama, tu vois?
Celui qui m'a laissé un souvenir plutôt pas mauvais, mais qui est tombé dans les affres de l'incompétence depuis que ma dentiste m'a démontré par A+B, radios à l'appui que son boulot tenait du miracle. Surement grâce aux prières de l'autre.
Puis, le dernier. The last but not the least.
Celui, grâce auquel je me retrouvais là. Qui m'a soutenu il y a un peu plus d'un an, que non, un petit bout de dent ébréché, c'est rien. Qui a baclé ses détartrages comme tous les autres avant, en 1/4 d'heure.

Ah, ben oui, M'sieurs Dames, déjà, ici, un détartrage ça dure plus d'une heure.

Puis, on te fait un check-up, on te fait des radios des points sensibles, on scrute, on te fait une radio de la langue... On te fait remplir des questionnaires, exhaustifs, sissi, concernant ton état général.
GE-NE-RAL!
Quand je dis général, ça va des problèmes cardiaques aux problèmes ORL, en passant par les maladies vénériennes, la tension, l'alcoolisme, la drogue, etc...
Mon mari, qui y est allé après moi, a même cru qu'il était bon pour une coloscopie vu la profondeur de l'investigation.

Une copine française qui a vécu la moitié de sa jeune vie ici m'a déclaré il y a une semaine: "T'as peur d'aller chez le dentiste aux US? Crois-moi, moi, j'ai peur d'aller chez un dentiste français maintenant."
Sur le coup, je me suis dit, elle est dure quand même...
Maintenant, je soutiens et j'abonde!

Le secret

Mon dentiste, pour la première fois, est une femme, quinqua, elle est belle et elle sent bon. Les assistantes sont habillées en jaune fluo, sont maquillées et coiffées, pas compliqué, j'ai cru que j'étais à la Fashion Week. La secrétaire m'a appelé Sweetie et Honey au téléphone, et quand je suis partie, elle m'a dit qu'elle était ravie de m'avoir rencontrée. C'est la première fois que j'ai l'impression de me faire une copine chez le dentiste!
L'eau du robinet est renforcée en Fluor, ça aide, c'est sûr.
Avec les tarifs des dentistes, (crois-moi sur parole) t'as pas envie d'avoir des soins à faire, parce qu'alors pour le coup, si le doigté et la gentillesse du dentiste t'ont séduit, la facture est une dent de sagesse enlevée au burin et au marteau.
Donc, tes gamins, tu les mets à la brosse et au fil dentaire à partir de 2ans, et les "cleaning", ce que nous appelerions détartrage, c'est tous les 6 mois.
Et puis, le détartrage c'est après massage de la gencive à la crème anesthésiante, et port des lunettes oranges, parce que la lumière dans l'oeil c'est agressif, et pour la première fois de ta vie, tu ne vas pas repartir du cabinet du dentiste avec le mascara sur les genoux et l'impression d'avoir pris une douche.


Et après, tel Miley Cyrus, tu pourras exhiber ta cavité buccale avec fierté.









vendredi 5 septembre 2014

L.A.


Au mois de Février, nous sommes allés visiter Los Angeles.
Nous y sommes restés une semaine.
Même les enfants ont apprécié. Il faut dire qu'ils séchaient l'ecole, ça aide. Mais en plus, courir dans le sable et tremper leurs pieds dans le Pacifique pour la première fois de leur vie, les a comblé.


Le problème quand on écrit de façon sporadique dans son blog, c'est qu'on a tendance à oublier. Le point positif c'est que ca permet d'aller à l'essentiel.

Six mois plus tard, qu'est ce qu'on a retenu de cette semaine à Los Angeles?

La plage

Les premiers jours ont été dédiés à la plage et nous, quand on va à la plage on ne lésine pas: direction Santa Monica, comme les stars!
Un peu moins d'une heure de route pour rallier Santa Monica Beach.
L.A., c'est grand.
Sur la route, les enfants bouquinent comme d'hab mais ça n'entame absolument pas mon enthousiasme débordant comme à chaque fois:
"Hé, vous avez vu? Maman conduit à Los Angeles. Jamais je n'aurais cru qu'un jour JE conduirai à L.A. Vous avez vu? JE SUIS A L.AAAAA.!! "


L'aller passe donc relativement rapidement, je hurle littéralement de joie en apercevant le panneau Hollywood de loin, ce qui va se reproduire approximativement 2 fois par jour pendant une semaine.
Surtout que le retour mettant à peu près le triple du temps à cause des embouteillages, le panneau, on l'a bien vu...
(Alors, là, il devrait y avoir une photo. Mais y'en a pas, cherche pas, c'est comme Las Vegas, y'a pas...)

Bref, la météo n'annonce rien de bon pour la deuxième partie du séjour mais aujourd'hui le soleil et la douceur californienne sont au rendez-vous, les places de parking, chères mais disponibles, et l'essentiel s'offre à nous gratuitement: l'océan nous tend les bras...




Le Pier de Santa Monica et sa fête foraine, la plage de sable blanc que j'imagine foulée par toutes les stars et leurs lardons, Muscle Beach et ses sportifs, tout est comme dans les films/magazines/reportages sur L.A.





L'observatoire de LA, dans Griffith Park, à 2 pas d'Hollywood.

L'un de nos meilleurs souvenirs avec la plage est la visite de l'observatoire de LA. Idée génialissime, nous avons pu contempler la ville en prenant de la hauteur et admirer la vue depuis les collines jusqu'à la mer, en plus de la visite du musée, ce qui ne pouvait pas faire de mal à nos neurones en vacances.


"Là où les stars sont les étoiles", slogan de l'observatoire...
Sa construction a été possible grâce au don de M. Griffith, un homme fortuné, qui avait tenté d'assassiner son épouse. Don fort génant s'il en est, la ville de Los Angeles, ne commença la construction qu'à la mort du généreux donateur.
La visite vaut le détour, ne serait-ce que pour la vue et l'édifice, style Art Déco, mais les expos sont aussi très interessantes:
Sismographe, planètes, éruptions solaires, pesanteur, Einstein, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'espace et la Terre... enfin révélé à vos yeux ébaubis.

Parmi les beaux souvenirs de Los Angeles, le Norton Simon Museum, à Pasadena

J'aime bien les musées, et il faut souvent y traîner les enfants qui préféreraient jouer à la plage toute la journée. Nous, on a un truc imparable: une météo pourrie.
Donc, après la Floride pieds dans l'eau (littéralement), après Washington sous l'orage tropical en plein shutdown, (note la redondance de la poisse),  nous voici en Californie, une semaine de pluie en 10ans, on y était...

Ce qui est bien dans les grandes villes, c'est les visites nocturnes. Ca évite de traîner à l'hôtel en regardant désespérément la télé et la fenêtre, pour contempler le même spectacle désolant.
Et puis bon, faut pas exagérer Los Angeles sous la pluie, c'est toujours plus excitant que Bedford sous la pluie (comme dirait ma mère, "arrête de te plaindre, tu pourrais être otage chez les Farc!)

Le Norton Simon Museum organise des visites nocturnes ET des concerts. Ce soir-là, concert de guitares espagnoles.
L'Homme a très vite choisi son camp, chez les Ibères, et a eu le bon goût d'emmener les lardons qui ne collaient pas au groupe (moi) et donc faisaient paniquer les gardiens de prison, pardon de salle, qui interdisent aux enfants de s'éloigner de plus de 4 mètres des parents.

Un paradis pour les yeux, ce musée est un bijou. Ne vous demandez plus (parce que je sais que vous vous posez la question) où sont les plus belles sculptures de Degas, elles sont là.
Renoir, Manet, Monet, Picasso, Van Gogh, Gauguin... et des guitares espagnoles... le top!


Aquarium of the Pacific à Long Beach


Le jour suivant, il pleuvait toujours. Les palmiers commençaient à pencher dangeureusement sous les bourrasques de vent et leurs palmes faisaient des épluchures sur la route et sur les pare-brises, alors on s'est réfugié à l'Aquarium du Pacifique.
Ceux qui me connaissent savent que je supporte mal les animaux en captivité et bien qu'ayant vécu de longues années près de Marineland, je n'y ai jamais posé un pied. Je ne juge personne et chacun fait fait fait c'qui lui plaît plaît plaît, mais vraiment, j'ai du mal avec les cirques de village et leurs lions faméliques, les zoos petits comme des mouchoirs de poche et les dompteurs d'otarie et autres...

J'ai donc fait extraction de mes principes (l'extraction étant beaucoup plus douloureuse que l'abstraction), et c'est sous des trombes d'eau que nous avons traversé le quai où est amarré le Queen Mary, et oui, elle est bien là, "la vieille anglaise, échouée si loin de ses falaises, sur un quai de Californie", pour entrer dans ce lieu de perdition pour animaux à branchies et à écailles...

Les enfants ont donc eu l'occasion de caresser des requins, des raies, des méduses et de contempler des aquariums remplis de Némo et de Dory qui, ironie du sort, font mur commun avec des slogans écolos genre prenez soin de l'océan et de ses habitants.
Ouf, les shows genre Sea World était annulés ce qui vous évitera une trop longue litanie de ma part sur les malheurs que nous infligeons au monde animal si vulnérable.


C'est bien joli tes souvenirs de vacances, me direz-vous, mais qu'en est-il de Hollywood Blvd, Rodeo Drive, Beverly Hills, Melrose, les stars, toussa quoi!

Commençons par planter le décor:

Quand on arrive en voiture à L.A., y'a plusieurs possibilités, tu suis le GPS ou tu suis pas le GPS. Nous on est des aventuriers, des vrais, des Indiana Jones de la ville, et des fois, on y va au feeling...
Et à L.A., quand t'y vas au feeling, ben des fois tu tombes sur le côté pile de la ville.
Tu sais que t'as atteint le côté pile quand tu vérifies que tes fenêtres sont fermées, tes portières verrouillées, que tu jettes des coups d'oeil inquiets sur les gens dans la rue en priant pour que le feu passe au vert.
L.A., c'est pas que du strass et des Oscars, mais ça, on a tendance à l'oublier. Moi, j'avais oublié et quel choc de se retrouver nez à nez avec une telle pauvreté. Des rues que tu croies remplies d'ordures et de poubelles, jusqu'à ce que tu réalises que ce sont des habitations et que des gens vivent dedans.
Une sacré claque.

Le côté face, c'est ce que tous les touristes du monde viennent chercher:
Les maisons des stars, LES stars et le bling bling.

Les maisons des stars, en fait, on s'en est lassé assez vite. Je suis incapable d'en décrire une en particulier. On en a vu tellement, et cherché plus encore!
La seule qui m'ait laissé un vague souvenir, c'est la maison de Bugsy Siegel. Elle est habitée et je me pose toujours la question: qui a envie de vivre dans une maison où la cervelle d'un mec a servi à repeindre les murs?

Chez Bugsy
Le Château Marmont dissimulé dans la verdure, et ses fantômes.

Le Château Marmont
Sunset Blvd, à faire de nuit, vraiment... avec tous ses néons et sa faune nocturne.
Melrose Avenue, ses boutiques décalées et ses restos branchés ( et inversement).
Mulholland Drive, visitée de nuit, alors qu'on cherchait la maison de Marlon Brando, un brouillard à couper au couteau, et d'un coup t'es dans un film d'Hitchcok!

On a aussi visité le Natural History Museum, mais je sens que ça va lasser tout le monde, moi-même, j'ai eu du mal à boucler la visite sans ronchonner.
Difficile de garder son enthousiasme intact après le 73 ème fémur de bronchiausore...

J'avoue qu'au départ, Los Angeles n'était pas dans ma bucket list (Rien à voir avec le seau et les glaçons). Et finalement, j'ai apprécié le moment, la ville, l'art de vivre, les gens, complètement différents des texans, et puis la pluie, parce qu'au Texas, la pluie, c'est pas commun.




mercredi 5 février 2014

Différence culturelle n°2


Le Texan est poli, genre vraiment poli.
Il n'est pas rare que des gens que je ne connais pas s'adressent à moi dans la rue ou dans les supermarchés, pour échanger 2 mots sur la météo, me complimenter sur mon achat de poireaux (c'est arrivé hier et "qu'est que vous allez en faire?", "euh", vite, une idée, je suis française donc dans l'inconscient collectif  américain,un cordon bleu, "une soupe!" pfffff...), mon parfum même, une fois, et on s'excuse de se demander pardon, on se fait des courbettes, on se sourit, c'est bonne ambiance, quoi!

A la caisse des supermarchés, on me demande invariablement si j'ai trouvé ce que je cherchais. A ce sujet, ne répond jamais "non". Jamais.
J'ai essayé une fois, c'était Loïs à la caisse de Kroger. Loïs a 82ans. Minimum. Loïs s'obstine à me parler comme si c'était la première fois qu'elle me voyait. P'têt qu'elle a Alzheimer et fait ma connaissance tous les jours. Je sais pas. A mes "débuts", Loïs m'a demandé si j'avais trouvé mon bonheur, j'ai dit "Non, je n'ai pas trouvé le "parchment paper". (papier sulfurisé)
Loïs a paniqué grave. Loïs ne savait pas ce qu'était du parchment paper, j'ai expliqué, elle savait toujours pas. C'était "sorry par ci", "sorry par là".
Je crois surtout que Loïs n'a jamais fait cuire de cookies de sa vie OU elle a un silicone Demarle, ça va faire plaisir à ma copine qui me demande 3 fois par semaine: "T'as un silicone Demarle? C'est top!" Elle doit avoir des actions, ou alors je suis entourée de gens qui ne se souviennent pas de nos conversations et là, c'est plus inquiétant, mes conversations sont-elles insipides à ce point?
Donc, on a interpelé la caissière d'à côté mais je savais qu'elle saurait pas, parce que c'était un caissier, et j'ai beau ne pas être sexiste, si une mamie ne fait pas de cookies, c'est pas un jeunot qui va savoir.
Du coup, on a fait un appel au micro. C'te honte, tout ça pour faire cuire mes cookies sur mon silicone Demarle, que je ne me souvenais plus avoir acheté...

Tout ça, pour te dire que les gens sont super prévenants et polis.

L'été dernier, alors que nous "fêtions" notre 1ere année américaine, je me suis surprise à ne plus supporter tous ces "sorry" intempestifs...
Va faire tes courses dans mon supermarché "du coin de ma rue", et il y a de fortes chances que tu n'entendes pas moins de 4 "sorry" sur une sortie de 15 minutes. Généralement le point chaud se situe au niveau des yaourts. Oui, c'est surprenant, mais ça s'explique:
Je me refuse à acheter des yaourts contenant -pectine, colorants, arômes artificiels, ogm, antibiotiques, hormones, sirop de maïs, gélatine...
Du coup je traine, je tourne et je vire et les autres clients entament généralement leur chorégraphie du "sorry" autour de moi... MEME si tu ne les gènes pas mais qu'ils estiment qu'eux te dérangent dans ta profonde réflexion, ils s'excusent sans fin.
Je dois dire qu'au début, t'admires, au bout d'un an, tu mords!
Je craquais littéralement!
Tu rentres de tes courses, tu manges ton yaourt à rien devant la tv et là, tu tombes sur le quaterback de l'équipe des Dallas Cowboys.
Pour bien visualiser l'affaire, le gars est LOIN d'être une fillette, il a un cou large comme mes 2 cuisses, il a des grosses mains et des gros bras et des grosses cuisses. Il court 40 yards en 4 secondes, il te demande le ballon, tu lui donnes, et tu lui fais une bise aussi, et puis tu t'excuses accessoirement!
Bref, ce gars, tout en virilité et puissance est en pleine conférence de presse, et le nez dans le micro, il S'EXCUSE!!
"Je suis "sorry", je suis une grosse "shit", j'ai pas cassé des jambes aux méchants, j'avais les mains moites, ..."
Le gars est au bord de la dépression derrière son micro, je me suis dit tweetons-lui de gagner la France au plus vite! Ce garçon a besoin d'un remontant! Vite! Un stage avec nos footeux et la politesse ne sera jamais plus un obstacle pour lui.

En parlant de prostituées, je vais te raconter une théorie que j'ai entendu à plusieurs reprises. Je m'écarte un peu du sujet mais cette information (je ne sais pas trop comment l'appeler) m'amuse beaucoup.
Sais-tu qu'en Amérique, il vaut mieux éviter de donner à sa fille le nom d'une pierre précieuse ou d'une épice. Disons que sa voie est toute tracée. Qu'elle n'aura pas besoin de faire de longues études... 
Par écrit c'est plus difficile de faire des clins d'oeil égrillards.
Bon, exemple:
"-Sorry Ruby de te déranger, tu peux me rappeler le métier de ta soeur Ginger?
-Strip teaseuse."
Rien ne vaut une mise en situation finalement.

Pour en revenir à ce qui nous préoccupe, je pense qu'il s'agit d'un truc qui ne se propage pas la politesse. Ca s'arrête aux limites de l'état.
Mes amies texanes m'ont affirmé que les new yorkais sont des sauvages et d'ailleurs l'une d'entre elles, m'a expliqué que depuis que sa soeur habite Brooklyn c'est devenu une vraie "bitch". Je ne cautionne pas ces propos, je les rapporte simplement, que ce soit clair.
D'ailleurs je n'ai jamais mis les pieds dans cette ville, les gens sont exécrables.

JE PLAISANTE!

En Floride, par contre, pendant nos humides vacances, c'est pas compliqué, j'ai fait mes courses, au rayon yaourt, (tu suis, c'est bien), et j'ai vécu une totale agression de mon espace vital.
Bing! le coup de coude dans le nez de la petite. Bang! un coup de panier dans le dos du grand et si tu as le malheur d'hésiter sur tes 300 Lbs de viande hâchée, ta voisine te regarde avec une telle hargne dans l'oeil, c'est pas difficile, j'ai cru qu'on était rentré en France!!


vendredi 31 janvier 2014

De la mesure en toute chose


Je papote, je papote, et je me rends compte que je ne t'ai pas raconté ce qui nous étonne et nous réjouit quotidiennement.
Honnêtement, même si on n'est pas au bout du monde, dans la jungle, à se nourrir de fourmis grillées, il y a quand même matière à raconter!

Sors tes anabacs et ta calculette, aujourd'hui, on fait des maths:

Yards, inchs,° F, Miles, Lbs, oz, GAL, ...

Il semblerait que non content de se débarrasser des anglais et du thé potable, puis de racheter les rataillons de Napo, les américains ont aussi décidé de couper définitivement avec le système métrique.
Pas compliqué:
Ils ont changé TOUTES les unités de mesure que le monde entier utilise.

Toi qui ricanes, tu sais commander ta viande hachée en Lbs?
Heureusement que votre serviteur (moi donc) a fait une fantastique carrière de vendeuse de fruits et légumes sur le marché dans sa jeunesse (une période enrichissante où j'ai brillé dans le choix des melons "Rhoooo, il est beau celui-là, tenez, soupesez, et puis le péquoui, il s'en va tout seul, il est mûr, Madame Martin" pour me faire insulter le lendemain "Une vraie merde le melon que vous m'avez vendu hier, de la soupe, IMMANGEABLE!!" tout en gardant la tête haute) et sait que 1 Lbs correspond à 500g, parce que mes visites chez le boucher s'en sont trouvées simplifiées.
Je ne dis pas que cet infame traître de Juan Guerrero, un mexicain dont les ancêtres, eux, devaient s'y connaître en grammes, et qui me vend ma viande, ne soupire pas d'un air excédé dès qu'il me voit rappliquer. Je lui demande invariablement 1/2Lbs et ensuite on augmente à tatons... et ça a le don de nous énerver tous les 2.

Et le GPS qui te lance un inquiétant "Tourner à gauche dans 200yards".
C'est quand qu'on atteint 200yards de distance quand on roule à 40miles per hour???
Ah oui, et puis les miles per hour, le code de la route.
Quand tu vois la voiture du sheriff faire demi-tour dans le rétro et tu ne te dis pas que non, c'est pas pour toi, et tu ne continues pas à rouler calmement. Quand le sheriff croit que tu as décidé de ne pas obtempérer, il enclenche la sirène, les gyrophares et te colle au train...
L'impression d'être dans un film, quand il débarque à la fenêtre après avoir dûment vérifier sur son ordinateur de bord si tu es une multirécidiviste armée, folle, une Bonnie Parker en Kia?! et là tu te mets à prier pour que son bastringue ne bug pas... et surtout NE BOUGE PAS LES MAINS DU VOLANT!
"Madame, vous allez trop vite, vous roulez à 43mph".
Et là, sa tête quand je lui tends mes papiers en tremblotant et en expliquant que je ne sais pas à combien la portion est limitée avant le panneau.
"Vous êtes d'où?"
Ah, l'accent français, "so cute" (si mignon) que je voudrais tant abandonner, a le don de faire naître un sourire sur le plus menaçant des hommes.
"Un avertissement verbal pour cette fois, allez et faites attention à vous!"

Le plus étonnant est quand même la drôle de relation qui existe entre le thermomètre et le texan.
Le thermomètre a beau chuter, le texan ne se couvre pas. C'est une curiosité dont on ne se lasse pas: les gamins en short et en tongues en plein mois de janvier, alors que la température frôle le zéro!
Autant dire que quand on descend en dessous de 30°F, on atteint le négatif en Celsius et on se gèle.
Sans déc, le Texas, c'est pas un pays chaud?
Alors, comment expliquer la vision de tous ces gens en tee shirt, ces gamines en robes d'été à bretelles (pas plus tard qu'hier et il faisait 2°C à 15h, d'ailleurs ici on dit 3:00pm) ou encore ces ados qui sortent de la piscine, à 7pm, par 24°F, maillot mouillé, cheveux dégoulinants et pieds nus pour rejoindre le parking!
Par contre, les parents garent leur voiture sur le parking, la laissent là, seule, avec le moteur qui tourne, pendant de loooongues minutes, le temps d'aller attraper leur gazouillante progéniture, pour que le chauffage reste en marche.
Qu'est ce qui est le plus étonnant? Le manque de conscience écologique, "écoquoi??!", l'absence de voleurs, ou le faible taux d'absentéisme à la piscine?

Allez, je t'épargne les oz de thé en vrac, le prix de l'essence au gallon et les cups pour pâtisser.

Je te veux l'esprit clair et ouvert, demain, pour te raconter, LA différence essentielle entre les texans et les français.



mardi 28 janvier 2014




 
L'été dernier, je me suis empressée de te faire un fascinant compte rendu de mes idylliques vacances dans l'Ouest américain, film à l'appui, et personnellement je ne me lasse pas de le regarder et de le reregarder, je suis sûre que toi non plus... je comprends... peut-être te demandes-tu pourquoi je n'ai pas fait de même après mes vacances de Noêl... pour te faire vivre un peu de mon écoeurant bonheur par procuration...

Et bien, voila: mes vacances floridiennes n'ont pas tenu leurs promesses.

Peut-être en lecteur averti, vas-tu t'imaginer que ma trop longue exposition au soleil Méditerranéen m'a laissé des séquelles... que je suis un peu blasée et difficile à satisfaire, que le sable fin et doré des criques de la Côte Bleue, les roches rouges de l'Estérel, les presqu'îles des Alpes Maritimes et les plages de sable de mon bien-aimé Var ont définitivement détraqué mon échelle des valeurs...
Et tu aurais raison.

Deux semaines de route, quelques 7000kms en voiture, Pensacola, Clearwater, Naples, les Everglades, les Keys, Miami et Orlando ne nous laisseront pas les souvenirs grandioses de la Louisiane et de l'Ouest...
Du brouillard à la pluie, pour finir dans la mousson, en apothéose, à Orlando, chez Mickey ...

Quelques photos:


 Le Pier de Naples, (et oui, crois moi, le pire est à venir vu ce qui est tombé 1h après la photo...)

La famille Oukilé à la plage...





Quelques heures de soleil à Naples, appelée ainsi par son fondateur qui trouvait qu'elle était aussi belle que la baie de Naples en Italie.




 Burt Reynolds, et oui, ce genre de petite bête de 2m de long, vit en totale liberté au bord de la route...



Quelques panneaux surprenants:


Nous avons en effet appris qu'au pays d'Horatio, il n'y a pas que des alligators et des crocos (le 1er vit dans l'eau douce, le second dans l'eau salée et est beaucoup moins timide...), il y a aussi des ours, des panthères, des bambis en liberté sur l'île de Big Pine Key:



des monstrueux iguanes bicolores avec des grosses griffes menaçantes,


des gros serpents noirs absolument PARTOUT:



et des jeunes blondes de 36ans tétanisées...






 Le superbe hôtel Biltmore, il date de 1926, dans le quartier de Coral Gables, à Miami: je dois reconnaître que Miami nous a vraiment séduit...




South Beach et ses lifeguards, Ocean Drive, le boulevard qui longe l'océan, et ses hôtels, architecture Art Deco...




 













 Chez Disney, photos intitulées "Plus jamais", pour la faire courte, au moment de partir, quelques 10h après notre arrivée, alors que la tension était à son comble, tous trempés, certains plus que d'autres... ceux notamment qui affirmaient qu'"une petite pluie ne leur faisait pas peur", alors que dans le train qui nous ramenait à la voiture les regards se faisaient fuyants, #hotelducultourné, l'Homme m'a déclaré: "C'est l'une des pires journées de ma vie."
Moi: "Ouh la! Dans pires journées, y'a quand même l'orteil coupé en 2!"
Lui: "Oui, je sais."



mercredi 4 décembre 2013

Heritage Night


Cette annee, l'ecole des enfants a organise une soiree baptisee Heritage Night. Le concept, plutot sympa etait de partager un peu de sa culture, gastronomique ou autre, avec les autres familles.
Les enfants ont donc dessine le drapeau francais, explique 2-3 curiosites concernant notre culture, (genre, oui, en France, on ne se fait pas des hugs mais des bisous, et y'a meme des endroits un peu recules avec des droles de pratiques ou on se fait 5 bises. Ca marche a tous les coups, ca oscille entre "beurk" et "rhooo, sont cochons ces francais"...) et c'est le moment opportun pour degainer tes 3 biscuits faits maison, quand ils ont des doutes sur l'hygiene d'une nation ou les echanges salivaires sont si communs et repetitifs...

Ma creativite a ete tres rapidement bridee puisque les gourmandises en question devait avoir une "bite size", (le [i] se prononcant [aille]... et la traduction etant: de la taille d'une bouchee), et quand bien meme j'obtemperais, l'organisatrice menaca alors de decouper mes madeleines en 2...
Me promettant de lui faire regretter son geste si elle approchait de mon stand avec un couteau, je me voyais deja en train d'appeler l'ambassade et Cyril Lignac pour reporter un incident diplomatique.
C'est alors que j'ai compris que le plus en danger n'etait pas la culture francaise:

Le jour J, un gars est entre dans la salle, vetu comme un gladiateur, si si, un GLA-DIA-TEUR...
Donc, avec une jupette en cuir sur les fesses et un "tupper" de boulettes de viande a la sauce tomate a la main.
J'ai glousse et lui ai dit: "Vous, vous etes l 'Italie!"

Il a du sentir que j'etais une comique parce qu'apres, c'est pas complique, ca a degenere... assez rapidement...
5 minutes plus tard, Cesar se rapproche de moi et me glisse d'un oeil de velours et dans un anglais parfait: "Vous connaissez l'Italie?"
Moi: Oui, on adore! On a visite Rome, Naples et Pompei il y a 2ans , et la Toscane, il y a quelques annees et un peu la vallee d'Aoste... Et vous, vous etes d'ou alors?
Cesar: Dallas! En fait, je ne suis jamais alle en Italie..." d'ou la jupette probablement...et devant mon air supris: "Mais, mon pere y est ne..."

Bref, digerant l'information, je suis alors accostee par une charmante dame tres blonde avec de jolis yeux bleus et un tee shirt proclamant "Swedish chick" (nana suedoise)! Comme je suis d'un naturel sympa, je lui dis que j'ai garde un fort bon souvenir de Stockholm quoique j'ai bien failli y laisser une oreille givree...
Elle: Je peux pas vous dire, ma grand mere y est nee mais moi, je n'ai jamais mis les pieds en Suede!!

A ce moment-la, une jolie jeune femme debarque en trombe a cote de moi, pose une espece de gratin improbable a cote de mes gateaux, et m'explique en anglais, que sa famille est francaise  d'origine (bien sur et moi je suis Rihanna) et me demande a voix basse: "Et vous avez un accent vous?"
Et ben, cherie, si tu me demandes si j'ai un accent c'est qu'on a clairement jamais cause ensemble!!

Sur ces entrefaits, je me retourne car la pseudo irlandaise dans mon dos se met a sautiller frenetiquement genre Michael Flatley sous acid, les bras le long du corps et les guiboles en l'air...
Et je sens a son air que Cesar va retenter une approche, ca ne rate pas:
"-Comment les femmes francaises font-elles pour etre aussi minces?"
Finalement, il a VRAIMENT des origines italiennes!!
L'Homme n'est pas tres loin, mon gars et si tu veux garder toutes tes jolies dents blanches d'americain, va discuter avec la pseudofrancaise au gratin douteux...

Mais je n'ai pas le temps et la, BAM!, 2eme intervention cruciale de Cesar: "Et sinon, pendant la guerre, le sud de la France a ete occupe?"
Toi, tu sais parler aux femmes, hein?
Du coin de l'oeil, j'apercois ma copine americaine qui leve les yeux au ciel, l'air reellement atterre.
Moi:"Ben, en fait, les italiens ont occupe le sud de la France..."
Je suis carrement hilare, ma copine americaine se tient le visage, consternee...
Et Cesar, super embarrasse:"Euh, je m'excuse alors..."

"Errare humanum est" Asterix

Finalement, soiree fructueuse, qui a demontre que les americains sont tres fiers de leurs origines europeennes, et qu'il n'existe de gueguerre entre le vieux et le nouveau continent que dans les discours des politiques et un peu pour le folklore...